POLITIQUE

L'UPAC enquête sur l'ex-argentier du Parti libéral du Québec Marc Bibeau

03/03/2014 04:02 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

La perquisition menée par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) à la permanence du Parti libéral du Québec (PLQ) le 9 juillet dernier a mené directement les policiers aux entreprises de Marc Bibeau, l'ex-grand argentier du parti.

Un texte de Isabelle Richer Twitter Courriel

Selon des documents rendus publics lundi, l'UPAC a saisi au siège social du PLQ à Montréal des éléments de preuve qui ont fait avancer leur enquête, amorcée en août 2012, sur un présumé système de financement illégal impliquant des entrepreneurs qui obtenaient des contrats en échange.

Les policiers auraient mis la main sur une série de courriels dans lesquels il était question d'activités de financement ainsi que d'échange d'enveloppes chez Schockbeton, une compagnie appartenant à Marc Bibeau.

De plus, ils ont trouvé une liste énumérant une vingtaine d'activités au cours desquelles plus de 700 000 $ ont été amassés. Une de ces activités a permis, à elle seule, de recueillir 428 000 $.

Après avoir consulté les rapports annuels du PLQ entre 2004 et 2012, Radio-Canada n'a trouvé aucune activité de financement ayant rapporté 428 000 $.

C'est grâce à toutes ces informations que les policiers de l'UPAC ont obtenu des mandats de perquisition en novembre dernier qui leur ont permis de se rendre dans plusieurs entreprises appartenant à Marc Bibeau et à sa famille, notamment aux Centres d'achat Beauward et chez Schockbeton à St-Eustache, ainsi que chez Saramac à Terrebonne.

Le même jour, soit le 14 novembre 2013, l'UPAC avait également perquisitionné chez Construction Garnier et à l'Agence métropolitaine de Transport relativement au contrat de construction du train de l'Est reliant Mascouche à Montréal. La compagnie Construction Garnier a obtenu un contrat de 30 millions de dollars en 2011 pour les aménagements ferroviaires dans le secteur de Le Gardeur.

Selon des informations, des matériaux destinés à la construction de ces infrastructures auraient plutôt été livrés à la résidence de Suzanne Bibeau, soeur de Marc Bibeau, pour la construction d'un immense patio de 50 pieds par 40 pieds autour d'une piscine

Dans un des mandats, on peut lire que plusieurs témoins rencontrés par l'escouade anticorruption décrivent Marc Bibeau comme « le stratège » du parti et « le responsable du financement du PLQ » à l'époque où Jean Charest était au pouvoir.

Les policiers ont également obtenu et analysé des registres d'appels téléphoniques qui montrent des liens très étroits entre certaines personnes-clés.

L'UPAC tente de démontrer la commission d'actes de corruption de fonctionnaires, d'abus de confiance et de fraude.

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