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Ukraine: Obama menace d'isoler Moscou qui est "du mauvais côté de l'Histoire"

03/03/2014 03:35 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Le président des Etats-Unis Barack Obama a brandi lundi la menace de mesures économiques et diplomatiques visant à "isoler" la Russie après son intervention en Crimée, affirmant que Moscou était "du mauvais côté de l'Histoire" dans la crise ukrainienne.

Il existe un consensus pour dire que la Russie a violé le droit international en Ukraine, a assuré M. Obama aux journalistes, au début d'une rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu dans le Bureau ovale de la Maison Blanche.

"Je pense que le monde est largement uni pour reconnaître que les mesures prises par la Russie représentent une violation de la souveraineté ukrainienne (...) et une violation du droit international", a insisté le président.

"Le message que nous faisons passer aux Russes est que s'ils continuent sur leur trajectoire actuelle, nous examinerons un ensemble de mesures économiques et diplomatiques qui isoleront la Russie", a-t-il prévenu. "Elles auront un impact négatif sur l'économie (de la Russie) et son statut à travers le monde", a-t-il poursuivi.

"Ce que je souhaite, c'est que le peuple ukrainien puisse décider lui-même de son destin", a souligné M. Obama. "La Russie a des liens historiques forts avec l'Ukraine. Il y a des liens commerciaux forts entre ces deux pays. Tout cela doit être reconnu, mais ce qui n'est pas acceptable, c'est que la Russie déploie ses soldats sur le terrain en toute impunité et viole des principes fondamentaux reconnus à travers le monde", a-t-il ajouté.

Après sa rencontre avec Benjamin Netanyahu, Barack Obama a réuni lundi soir son équipe de sécurité nationale pour évoquer la situation en Ukraine.

Quelques heures plus tôt, le département d'Etat avait précisé que les Etats-Unis réfléchissaient à "un large éventail de sanctions" à imposer à la Russie pour ses agissements en Ukraine.

"C'est un dossier sur lequel nous sommes vraiment prêts à avancer", avait affirmé la porte-parole du département d'Etat Jennifer Psaki, évoquant la possibilité de mesures punitives contre des personnes morales et physiques russes.

Dans la soirée, Washington a commencé à mettre ses menaces à exécution, le Pentagone annonçant la suspension de tous les liens militaires avec l'armée russe.

"Cela comprend les exercices et réunions bilatérales, les escales de navires et les conférences de planification militaire", selon le porte-parole du Pentagone, le contre-amiral John Kirby.

Cette décision intervient alors que Washington bénéficie de la coopération de Moscou en Afghanistan, surtout sur le plan logistique.

L'Ukraine a accusé lundi la Russie de lui avoir lancé un ultimatum en Crimée, contrôlée de facto par des commandos armés. Cette information a été aussitôt démentie par Moscou qui a parlé d'un "délire total".

En annonçant une augmentation de l'aide économique américaine à la Moldavie, engagée dans un rapprochement avec l'Union européenne, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a de son côté dénoncé les pressions de Moscou sur cette ex-république soviétique.

"J'ai le regret de dire que la Russie (...) fait pression sur la Moldavie. Il y a des problèmes en ce qui concerne ses sources d'énergie et sa capacité à faire du commerce", a-t-il dénoncé, ajoutant que Washington était "fermement engagé dans la direction que la Moldavie s'est choisie".

Contrairement à l'ex-régime ukrainien de Viktor Ianoukovitch, la Moldavie a signé en fin 2013 un accord d'association avec l'Union européenne, tout comme la Géorgie, qui tente elle aussi de s'extraire du giron de Moscou.

Evoquant les "développements très négatifs" chez le voisin ukrainien, le Premier ministre moldave a dit souhaiter avoir une coopération et un dialogue "très actifs" avec Washington dans le domaine de la sécurité.

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