NOUVELLES

Ukraine : L'UE menace de remettre en cause ses relations avec la Russie

03/03/2014 01:43 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

L'Union européenne a menacé lundi de remettre en cause ses relations avec Moscou, voire de mettre en oeuvre des sanctions "ciblées" en l'absence de retrait des troupes russes en Ukraine.

"En l'absence de mesures de désescalade de la part de la Russie, l'UE devrait décider des conséquences sur les relations bilatérales entre l'UE et la Russie", ont déclaré les ministres européens des Affaires étrangères dans leurs conclusions à l'issue d'une nouvelle réunion de crise.

Le texte évoque "la suspension des discussions bilatérales avec la Russie sur la question des visas", de même que sur un nouvel accord de coopération. L'UE "envisagera aussi des mesures ciblées", ajoute le texte, sans plus de précisions sur les personnes ou les entités qui pourraient être visées.

L'UE condamne "la violation manifeste de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine par des actes d'agression des forces russes".

Les mesures de "désescalade" demandées par l'UE sont en premier lieu "le repli" des forces russes "dans leurs zones de stationnement permanentes".

Au cours d'un point de presse, la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a aussi évoqué la question du "survol" de l'Ukraine et des "mouvements de personnel militaire dans plusieurs zones".

L'UE veut aussi que la Russie accepte "sans délai" la demande de l'Ukraine d'organiser des "consultations" bilatérales.

"S'il n'y a pas de mesures rapides et concrètes de désescalade, toute une série de contacts seront coupés", a confirmé le ministre français, Laurent Fabius. Il a cité "la suspension des discussions sur les visas et les accords économiques". "Cela veut dire concrètement que les ponts seront coupés sur beaucoup de sujets".

"S'il n'y a pas désescalade avant jeudi, ces mesures prendront effet", a affirmé le ministre, en confirmant que jeudi était "le jour probable" d'un sommet des chefs d'Etat et de gouvernement. "La France souhaite que ce sommet se tienne", a-t-il dit.

"Si la Russie ne décide pas de contribuer de manière crédible et rapide à la désescalade, nous devrons prendre des décisions qui affecteront nos relations" avec Moscou, a déclaré son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier.

Pour M. Fabius comme pour de nombreux ministres européens, "c'est la crise la plus grave depuis 20 ans". C'est un "sentiment de très grande gravité qui se dégage", a-t-il commenté.

M. Fabius a souligné que les Européens "souhaitent qu'il y ait un dialogue" avec la Russie, mais "il faut que les Russes s'y prêtent". "L'état d'esprit général est la fermeté et, dans la mesure où c'est encore possible, la volonté de dialogue".

bur-jlb/csg/sym

PLUS:hp