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Pont Champlain : «les partenaires québécois» déçus (VIDÉO)

03/03/2014 09:55 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Les « partenaires québécois » du gouvernement fédéral dans la construction d'un nouveau pont Champlain reliant Montréal à la Rive-Sud sont restés sur leur faim, lundi matin, lors de la présentation du plan d'affaires d'Ottawa.

« Ce n'est pas un plan d'affaires qu'on nous a présenté ce matin, c'est davantage la vision du gouvernement fédéral sur le nouveau pont », a déclaré la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, au cours d'une conférence de pesse conjointe avec le maire de Montréal, Denis Coderre, ainsi que le ministre québécois des Transports, Sylvain Gaudreault, et le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier.

« On devait nous présenter un plan d'affaires ce matin. Vous me voyez un peu sceptique, il n'y a pas de chiffre », s'est plainte la mairesse St-Hilaire. Elle a également déploré « l'absence d'estimation des coûts » et « l'absence de démonstration de la pertinence du péage ». « Je pense que j'aurais dû rester en semaine de relâche finalement », a déclaré Mme St-Hilaire en référence à la semaine de congés scolaires dont disposent les élèves québécois.

« On est venu nous dire qu'on était bien chanceux, qu'on allait avoir un nouveau pont, mais que c'est nous autres qui allions le payer. » - Caroline St-Hilaire

Le ministre Gaudreault s'est fait plus diplomatique, estimant que le plan d'affaires de leur interlocuteur fédéral, le ministre de l'Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales canadien Denis Lebel, était incomplet. « Nous considérons qu'il reste des éléments à compléter dans ce plan d'affaires », a indiqué M. Gaudreault. « Nous souhaitons avoir beaucoup plus d'éclaircissement quant au niveau de financement qui est envisagé pour le nouveau pont Champlain. »

Le ministre Gaudreault veut connaître les détails de la structure du financement afin de prévoir le type de train léger que Québec veut ajouter à l'infrastructure.

Tous les intervenants ont réitéré leur opposition unanime au péage sur le futur pont. Le maire Coderre déplore l'absence de précisions sur l'éventuel péage, auquel tient le gouvernement fédéral. « Moi, je veux savoir si dans le plan d'affaires, dans l'appel d'offres, la question de la gestion des revenus et la question des postes de péage sont un enjeu dans le contrat », a-t-il martelé en conférence de presse.

Le maire Coderre soutient que si les postes de péage ne sont pas inclus dans le contrat de partenariat public-privé dont fait l'objet la construction du futur pont, le gouvernement peut revenir sur sa décision et éliminer cet élément du projet. Dans une telle éventualité, « au niveau politique et stratégique, on est en mesure de dire au gouvernement : vous avez un geste à poser ».

M. Coderre réclame des études sur l'impact qu'auraient les péages du pont Champlain sur les autres ponts - Mercier et Jacques-Cartier notamment - dans l'éventualité où le gouvernement fédéral persisterait à imposer sa mesure. Il souligne que si le fédéral persiste à installer des péages sur le pont Champlain, il n'aura d'autre choix que d'en installer sur les autres ponts. « On vous le dit depuis le début, quand on en met un on va en mettre partout et on aura l'effet de trou de beigne qui va avoir un impact économique épouvantable pour Montréal », a-t-il poursuivi.

Le maire Coderre craint que les péages sur les ponts entraînent un exode de l'activité économique vers les banlieues.

M. Coderre demande également à Ottawa de définir le sort des péages dans l'éventualité où la structure serait cédée au gouvernement provincial.

Québec tient au SLR

Les ministres Gaudreault et Cloutier, tout en réitérant leur opposition aux péages, réclament un plan d'affaires chiffré afin de moduler leur projet de train léger. Québec veut intégrer un projet de train léger - système léger sur rails (SLR) - à la structure du pont Champlain. Le gouvernement souhaite toutefois connaître la taille de l'investissement fédéral dans le projet afin de moduler son SLR.

« Le gouvernement du Québec a clairement identifié le projet de SLR comme étant une priorité », a déclaré M. Cloutier. Il ajoute du même souffle que le type de projet dépendra de l'investissement d'Ottawa.

Québec estime que trois programmes fédéraux peuvent servir à financer la construction du futur pont :

  • Le plan aux mérites, un programme pour les infrastructures doté d'une enveloppe de 4 milliards de dollars dont Québec réclame 1 milliard qu'il entend consacrer au SLR.
  • Le fonds de la taxe d'accise, une enveloppe de 400-450 millions de dollars annuellement dévolu au Québec
  • Le fonds pour les infrastructures dont Québec tire annuellement 200-250 millions de dollars

M. Cloutier affirme que Québec a soumis, il y a trois mois, un projet clés en main pour l'ajout du SLR à la construction du pont Champlain. Cette proposition est toutefois restée lettre morte auprès du gouverement fédéral.

Ottawa poursuit son projet

Après la présentation de son plan d'affaires à ses partenaires québécois, le ministre Lebel a procédé, de son côté, à l'annonce de la première étape du processus d'attribution du contrat. Pendant que Québec et les municipalités de la région de Montréal se sentent exclues du processus décisionnel entourant la construction du pont Champlain, M.Lebel a lancé l'étape de la demande de qualification en prévision de l'attribution du contrat de construction du futur point.

Le gouvernement fédéral choisira au cours de l'été les firmes qui seront autorisées à participer à l'étape des demandes de propositions et, finalement, il choisira le consortium chargé des travaux au printemps 2015.

Ottawa prévoit livrer le pont en 2018 et l'ensemble du projet en en 2019.

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