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Mauritanie: manifestation de colère à Nouakchott après une profanation du Coran

03/03/2014 06:46 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Des centaines d'habitants de Nouakchott ont manifesté dans la nuit de dimanche à lundi pour exprimer leur colère après, selon eux, une profanation du Coran dans une mosquée par des personnes non identifiées, a appris l'AFP de sources concordantes.

La police a fait usage de bombes lacrymogènes pour disperser les manifestations organisées jusque tard dans la nuit de dimanche à lundi par plusieurs groupes de population à Nouakchott, a constaté un journaliste de l'AFP.

Des centaines de personnes ont participé à une marche spontanée les ayant conduites de Teyarett, un quartier situé dans le nord de la capitale, à la présidence de la République (centre-ville). Les manifestants ont réclamé l'arrestation des auteurs d'une profanation du Coran produite dans la nuit, selon eux.

Certains manifestants ont expliqué que quatre personnes non identifiées, portant toutes des turbans et à bord d'un véhicule 4X4, sont entrées dans la mosquée de Teyarett pour en retirer quatre exemplaires du livre saint des musulmans qu'elles ont ensuite dégradés.

Il n'était pas immédiatement possible de dire s'il s'agissait d'hommes, de femmes ou de représentants de deux sexes, aucune information n'a pu être obtenue sur leurs origines et leurs motivations.

L'un des auteurs de la profanation "a pris les quatre exemplaires du Coran qu'il a (déchirés) avant de les jeter dans les toilettes", a indiqué à l'AFP un imam de la mosquée, citant des témoins.

Tous "ont ensuite pris la fuite avant l'arrivée des gens pour la prière du soir", a-t-il ajouté.

Cet incident survient après un évènement semblable à Zouérate (extrême-nord) où début février, un malade mental présumé avait uriné sur un exemplaire du Coran. L'auteur présumé de cet acte avait ensuite été envoyé à Nouakchott pour des examens psychiatriques.

Auparavant, de nombreux Mauritaniens avaient exprimé leur colère après la publication début janvier d'un article "blasphématoire" contre le prophète Mahomet et dont l'auteur, en jugement à Nouadhibou (nord-ouest), risque la peine de mort.

La charia (loi islamique) est en vigueur en Mauritanie, une République islamique mais les condamnations extrêmes comme les peines de mort et de flagellations ne sont plus appliquées depuis les années 1980.

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