DIVERTISSEMENT

Le «nouveau» Jeff Fillion en ondes aujourd'hui à NRJ 98,9 (ENTREVUE)

03/03/2014 05:39 EST | Actualisé 03/03/2014 05:48 EST
Courtoisie NRJ

Jeff Fillion n’est, de son propre aveu, «pas très démonstratif», mais l’animateur était néanmoins heureux de constater que plusieurs se réjouissaient de l’annonce de son retour à la radio de Québec, jeudi dernier.

«Les mêmes qui bougonnaient dans le temps vont bougonner, lance le communicateur. Il y a des gens qui n’aiment pas ce que je suis et ce que je pense, et je ne les haïs pas pour autant. Mais environ 90% des réactions que j’ai vues sur les réseaux sociaux et dans la couverture médiatique étaient très bonnes.»

C’est donc ce lundi que Fillion s’amène sur les ondes de NRJ 98,9 pour piloter l’émission du midi, du lundi au vendredi, entre 11h30 et 13h30. Entouré d’une équipe de collaborateurs et chroniqueurs, l’enfant terrible des médias traitera d’actualité comme lui seul sait le faire. Les admirateurs de la première heure de Jeff Fillion retrouveront le style unique de celui qui faisait jadis la pluie et le beau temps à l’antenne de CHOI, mais ce dernier a juré à maintes reprises avoir appris de ses erreurs.

«J’ai encore des opinions, j’ai la même couleur, j’ai des idées, et mes idées font partie de l’actualité d’aujourd’hui, avance sans ambages l’homme de 46 ans. Il y a 16 ou 17 ans, je parlais de l’état de nos finances, de nos villes, de notre province, et j’avais l’air de déconner un peu, parce qu’à l’époque, il y avait un discours unique, tout avait l’air beau. Je passe souvent pour quelqu’un qui parlait de ça bien avant que ça arrive, mais c’est toujours autant d’actualité.»

«Pour ce qui est de m’être assagi, il faut dire que, dans le temps, on mangeait des hot-dogs et de la poutine à trois heures du matin, on était chauds; aujourd’hui, on mange de la salade cinq fois par semaine et, le week-end, on va au cheerleading avec nos filles. Les opinions sont encore là mais, pour le reste, c’est le passé. Personne ne veut avoir d’huissier à la maison et on veut que l’entente avec Bell dure longtemps.»

«Je suis Jeff Fillion, je ne peux pas être autrement que ce que je suis, mais les règles sont maintenant claires et on a une vraie structure. J’ai un plus grand filet de sécurité et ce serait très surprenant qu’il arrive quelque chose de plate dans les prochaines années», ajoute-t-il.

Négociations serrées

Jeff Fillion opère sa plateforme web Radio Pirate depuis huit ans – son émission à NRJ sera d’ailleurs enregistrée et diffusée en direct de ses studios, et il y demeurera aux commandes du rendez-vous du matin -, mais il songeait depuis quelque temps à effectuer un retour derrière un micro commercial. L’offre de Bell et NRJ est arrivée en janvier, alors qu’il préparait des propositions pour d’autres groupes, et les négociations ont été, semble-t-il, «très serrées».

«C’est parfois difficile de faire des choix, mais quand les planètes sont alignées et qu’on trouve exactement ce qu’on cherche, on fonce, note Fillion. Radio Pirate va bien et on peut continuer ainsi pendant encore 10 ou 15 ans. Mais quand j’ai vu que ça intéressait Bell d’engager une compagnie externe qui produit des émissions, c’était le meilleur des deux mondes.» La vedette de la Vieille Capitale envisage d’ailleurs la possibilité que son contenu soit un jour propulsé sur tout le réseau NRJ, dans toutes les régions.

À ceux qui se sont étonnés de le voir se joindre aux rangs de NRJ, une station dont il s’est souvent moqué lorsqu’il officiait à CHOI, Jeff Fillion répond qu’il est un «agent libre» et que le marché de la radio se prête à toutes les «transactions», sans égard aux vieilles rancunes.

«Je n’avais pas l’intention de retourner à CHOI, j’aurais trouvé ça un peu bizarre, spécifie-t-il. La radio, c’est comme les joueurs de hockey, de baseball, de football; quand tu es agent libre et qu’une équipe t’offre plus, tu te retrouves à jouer contre ton ancienne équipe, et c’est comme si tu n’avais jamais joué pour eux. Pourtant, avant, tu les haïssais, et c’est normal. Aujourd’hui, avec les changements qui arrivent à la vitesse de l’éclair, je suis mieux d’être avec une entreprise qui brasse des milliards qu’une autre, plus petite. Small is beautiful, mais c’est plus dangereux dans le monde d’aujourd’hui.»

Le virage rock récemment adopté par tout le réseau NRJ n’a pas non plus pesé très lourd dans la balance de sa décision, même s’il admet que le nouveau son de la bannière colle davantage à sa personnalité.

«Je ne renie pas le top 40, affirme-t-il. Du Britney Spears et du Rihanna, j’en écoute à longueur de journée avec mes filles dans l’auto. Je n’ai pas de misère avec ça. Mais c’aurait détonné. On ne sait pas ce que le futur va emmener, peut-être qu’il y aura d’autres changements dans un an ou deux. Mais je pense qu’ils sont partis pour bâtir une programmation autour de ce qu’on va dégager comme émission, et la musique rock nous correspond effectivement un peu plus.»

Jeff Fillion en politique?

Quiconque connaît la verve et le franc-parler du personnage sait probablement que Jeff Fillion serait un très bon candidat aux élections, qu’elles soient municipales, provinciales ou nationales. Avec ce nouveau départ dans l’arène médiatique, l’homme pourrait-il songer, éventuellement, à traverser juste en face, dans la sphère politique?

«J’aurais pu aller en politique à l’élection qui s’en vient, révèle-t-il, sans cachotteries. Mais il fallait faire des choix. On verra! J’ai un peu ça dans le sang, mais on va aller à NRJ pour commencer, et on verra après.»

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