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Emirats: prison pour un Qatari et deux Emiratis pour liens avec les Frères musulmans

03/03/2014 07:35 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Un Qatari et deux Emiratis ont été condamnés lundi par la justice des Emirats arabes unis à des peines de cinq à sept ans de prison pour soutien à une association liée aux Frères musulmans, selon l'agence officielle WAM.

La cour de sûreté de l'Etat auprès du tribunal fédéral suprême à Abou Dhabi a condamné Mahmoud Abdel Rahmane al-Jidah, de nationalité qatariote, à sept ans de prison et à l'expulsion à la fin de sa peine, a précisé l'agence.

Abdel Wahid Hassan al-Badi et Saïd Abdallah al-Bouraïmi, de nationalité émiratie, ont été condamnés à cinq ans de prison chacun. Ils étaient poursuivis pour avoir collecté des fonds au profit de l'association islamiste Al-Islah, présentée comme ayant des liens avec les Frères musulmans, interdits aux Emirats.

Dans un communiqué, Amnesty International a appelé les autorités des Emirats à "annuler immédiatement la condamnation" de Jidah, un médecin selon l'organisation, et dénoncé "un procès inique".

Mahmoud al-Jidah, dont le procès s'était ouvert le 4 novembre dernier, avait été arrêté le 26 février 2013 à l'aéroport de Dubaï où il était en transit lors d'un vol entre la Thaïlande et le Qatar, selon Amnesty.

Il a été "torturé, privé d'accès à un avocat alors qu'il était détenu au secret, et a eu un accès limité à un avocat au cours de son procès", ajoute le communiqué, soulignant que le verdict était sans appel.

"Ce verdict est une mascarade et tourne en dérision les assertions des Emirats selon lesquelles ils sont un pays progressiste qui respecte les droits de l'Homme", a ajouté Amnesty.

Les Emirats arabes unis, un des pays les plus riches du monde, ont renforcé leur répression de toute dissidence sur fond d'hostilité aux Frères musulmans qui étaient au pouvoir en Egypte.

En janvier, 20 Egyptiens et 10 Emiratis accusés d'avoir constitué une cellule des Frères musulmans ont été condamnés à des peines allant jusqu'à cinq ans de prison. Les dix Emiratis font partie d'un groupe de 69 islamistes déjà condamnés le 2 juillet à des peines de 7 à 15 ans de prison pour avoir formé une "organisation secrète" dans l'intention de "prendre le pouvoir", et pour avoir entretenu des contacts avec les Frères musulmans.

L'ONU et des organisations de défense des droits de l'Homme ont dénoncé un manque de transparence des tribunaux des Emirats. A l'issue d'une mission aux Emirats, Gabriela Knaul, rapporteur spécial des Nations unies sur l'indépendance des magistrats et des avocats, a critiqué les "violations" et le "manque de transparence" des tribunaux du pays, où des dizaines d'opposants islamistes ont été condamnés.

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