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Crise en Ukraine: Bourse de Moscou et rouble plongent, la banque centrale augmente ses taux

03/03/2014 02:27 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Les marchés financiers paniquaient lundi en Russie face à l'escalade de la crise en Ukraine, poussant la banque centrale à une hausse surprise de son taux directeur pour tenter de calmer le jeu et assurer "la stabilité financière".

Les deux indices de la place financière moscovite, le Micex et le RTS, dégringolaient respectivement de 7,81% et 9,05% vers 07H15 GMT et le rouble plongeait à des niveaux jamais vus.

L'euro, qui volait déjà de record en record face à la monnaie russe ces dernières semaines, a dépassé pour la première fois de sa jeune histoire les 50 roubles, atteignant 51,20 roubles.

Le dollar est monté jusqu'à 37,0005 roubles, franchissant pour la première fois son record datant de la crise de 2009.

Face à la tempête financière, la banque centrale a annoncé à la surprise générale une hausse "temporaire" de son taux directeur à 7%, contre 5,5% auparavant.

"La décision est destinée à contrer les risques qui sont apparus concernant l'inflation et la stabilité financière, liés à une hausse de la volatilité ces derniers temps sur les marchés financiers", a expliqué la Banque de Russie, qui ne devait initialement pas se réunir avant le 14 mars.

Cette décision a été appliquée dès lundi à 07H00 GMT.

"Le risque s'est considérablement renforcé", a souligné Chris Weafer, économiste chez Macro Advisory. "Une réaction initiale est inévitable sur le rouble, le marché de la dette et les actions".

Les marchés russes et notamment le rouble avaient été déjà tirés vers le bas par la crise ukrainienne, les investisseurs s'inquiétant surtout des conséquences d'une faillite de l'ex-république soviétique sur la Russie. Les banques publiques russes notamment subiraient alors de lourdes pertes.

Le mouvement était cependant resté relativement limité.

La situation a pris une nouvelle dimension pendant le week-end avec la menace d'une intervention militaire russe.

"Le marché se demande dans quelle mesure les Occidentaux vont imposer des sanctions économiques à la Russie", a estimé Chris Weston, analyste d'IG.

"La Russie dépend en grande partie des capitaux occidentaux et les investissements", a-t-il souligné.

Le géant gazier russe Gazprom, qui tire une grande partie de ses bénéfices de ses exportations vers l'Europe, perdait 11,5% de sa valeur boursière vers 07H15 GMT.

gmo/edy

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