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Chine: arrestation du frère de l'ex-patron de la police (média officiel)

03/03/2014 01:27 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Les autorités chinoises ont interpellé le frère de Zhou Yongkang --ex-chef de la Sécurité publique et l'un des plus puissants dirigeants du pays ces dernières années--, a rapporté un journal officiel, alors que l'étau semble se resserrer autour de ce dernier.

Zhou Yuanqing et son épouse Zhou Lingying, une femme d'affaires, ont été arrêtés le 1er décembre à leur domicile de Wuxi (province du Jiangxi, est) par "des enquêteurs venus de Pékin, chargés de la discipline", ont indiqué les Nouvelles de Pékin.

Zhou Yuanqing est un frère cadet de Zhou Yongkang --qui était jusqu'en 2012 membre du comité permanent du politburo du Parti communiste chinois, la structure de sept membres détentrice du pouvoir décisionnel au sommet de l'Etat.

L'épouse, Zhou Lingying, avait été l'un des principaux investisseurs dans un accord de plusieurs millions de dollars conclu avec le constructeur automobile Audi, et son succès "doit beaucoup" au propre fils de Zhou Yongkang, Zhou Bin, a précisé le quotidien pékinois.

Mme Zhou s'était également engagée sur un projet de gaz naturel liquéfié, dans le cadre d'un accord avec une firme affiliée au géant pétrolier CNPC -- groupe d'Etat dont Zhou Yongkang avait été un temps le patron et où il avait tissé son réseau d'influence.

Zhou Yongkang, qui a exercé également la fonction de ministre de la Sécurité publique (chargé de la police), a été l'une des figures les plus puissantes de la vie politique chinoise de la dernière décennie, mais il fait désormais l'objet de spéculations croissantes.

Nombre de ses proches haut placés ont ainsi été épinglés ces derniers mois par des enquêtes pour corruption, dont Jiang Jiemin, directeur de l'agence nationale supervisant les groupes d'Etat, ou encore Li Dongsheng, ancien vice-ministre de la Sécurité publique.

Le New York Times avait de son côté rapporté en décembre que le président Xi Jinping avait donné son feu vert à une enquête visant directement Zhou Yongkang.

Si cela se confirme, ce serait la première fois depuis au moins trois décennies qu'un responsable politique ayant intégré le comité permanent du bureau politique -- saint des saints du pouvoir -- est l'objet d'investigations formelles.

Interrogé dimanche sur le sujet lors d'un point presse, un porte-parole de la Conférence consultative politique du peuple chinois --organe de débat sans pouvoir de décision-- n'a pas voulu démentir l'ouverture d'une enquête contre Zhou Yongkang.

"Nos actes s'accordent à nos paroles, quand nous disons que tous ceux qui ont violé les règlements du Parti ou la loi chinoise seront visés par une enquête et sévèrement punis, et ce même si leur rang est très élevé", s'est contenté de répondre Lu Xinhua.

"C'est tout ce que je peux répondre. Vous comprenez ce que je veux dire", a-t-il ajouté, suscitant les rires des journalistes présents.

Cet absence de démenti est d'autant plus stridente que les autorités chinoises sont d'habitude promptes à réfuter toute accusation ou spéculation à l'encontre de hauts dirigeants du pays.

La réponse de Lu implique que "l'enquête (sur Zhou Yongkang) de toute évidence n'est pas achevée et qu'il n'y a probablement pas encore de conclusion qui puisse être rendue publique", a estimé l'auteur d'un commentaire publié lundi par le Global Times --quotidien d'Etat très proche du PCC--.

bur-jug/abk

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