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Algérie: deux candidats renoncent à la course à la présidence

03/03/2014 11:36 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

Deux candidats à l'élection présidentielle du 17 avril en Algérie, dont l'ancien chef de gouvernement Ahmed Benbitour (1999-2000), ont annoncé lundi leur retrait de la course, jugeant le scrutin joué d'avance.

"En réalité, les urnes ne seront qu'un leurre et une piraterie légalement soutenue. Une fois de plus, en Algérie, les forces de la fraude auront pris le dessus sur l'argumentation convaincante (...). D'où mon retrait des ces élections (...)", a affirmé M. Benbitour dans une déclaration écrite transmise à l'AFP.

"L'usage inconsidéré des deniers publics, le maintien d'un gouvernement dont les membres sont notoirement connus pour leur allégeance au candidat Président (Abdelaziz Bouteflika) (...) la confiscation des médias audio-visuels publics, font que les élections d'avril 2014, se présentent, une fois de plus, comme une rupture du pouvoir avec le peuple", a-t-il ajouté.

M. Benbitour, première personnalité a avoir annoncé en décembre 2012 son intention de briguer la présidence, s'est déclaré "solidaire" de ses "partenaires politiques qui ont lancé un appel au boycott" du scrutin.

Le général à la retraite Mohand Tahar Yala a également annoncé lundi qu'il renonçait à se porter candidat à l'élection présidentielle "truquée à l'avance pour imposer un quatrième mandat" de M. Bouteflika.

Estimant qu'un "clan maffieux a pris en otage le pays pour se maintenir coûte que coûte au pouvoir", M. Yala, ancien commandant des forces navales (2002-2005), a plaidé pour "l'arrêt du processus électoral en cours et la mise en oeuvre d'une période de transition" de pas plus de deux ans. Avec un gouvernement d'union nationale au pouvoir, un collège de personnalités à "la probité incontestable" devrait alors concevoir un "nouvel édifice institutionnel" qui sera soumis à référendum.

M. Bouteflika, 77 ans, au pouvoir depuis 1999, briguera un 4e mandat malgré des problèmes de santé qui alimentent les doutes sur sa capacité à diriger le pays.

Jeudi, un ancien chef de gouvernement, Mouloud Hamrouche (1989-1991), avait appelé à faire tomber le régime du président Bouteflika "dans le calme", avec l'aide de l'armée, invoquant une "fraude" annoncée.

Auparavant, l'ex-président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi, figure majeure de l'opposition, avait appelé ses compatriotes à se mobiliser pour "discréditer ce scrutin, de sorte à laisser l'actuel président candidat à sa propre succession se concurrencer lui-même".

Samedi, la police a empêché des dizaines de personnes de se rassembler devant la faculté centrale d'Alger pour dénoncer la candidature de M. Bouteflika.

Plus de 80 personnes, parmi lesquelles de vieux routiers de la vie politique dont un ex-Premier ministre de M. Bouteflika, Ali Benflis, ont annoncé leur candidature. Celles-ci ont jusqu'à mardi minuit pour être déposées. Le Conseil constitutionnel annoncera dix jours plus tard les candidats retenus.

abh/cbo

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