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Ukraine: Kerry à Kiev mardi contre "l'occupation" russe de la Crimée

02/03/2014 06:16 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry sera à Kiev mardi pour soutenir le nouveau régime ukrainien face à "l'occupation" de la Crimée par la Russie, un acte pour lequel Washington a commencé à punir Moscou, ont dit dimanche des responsables américains.

Dans la matinée, le chef de la diplomatie américaine avait fait le tour des télévisions américaines pour menacer la Russie de perdre sa place au G8 si elle poursuivait son "invasion" et son "agression" de la Crimée, une péninsule russophone du sud de l'Ukraine qui abrite la flotte russe de la mer Noire.

Lors d'une conférence téléphonique, des responsables de l'administration du président Barack Obama ont fait état du "contrôle opérationnel complet" de la Crimée par des troupes de Moscou. "Il n'y a aucun doute: ils commettent une occupation de la Crimée. Ils dépêchent des renforts et s'installent", a commenté l'un de ces diplomates.

Sur le terrain, plusieurs sites stratégiques de la Crimée, bases militaires, aéroports ou bâtiments officiels ont fait l'objet de blocages de ce type par des hommes en armes, dont l'uniforme ne porte aucun signe distinctif mais que tous les observateurs assimilent à des soldats russes, depuis deux jours.

Comme l'avait fait M. Kerry, les responsables américains ont renouvelé les mises en garde d'"isolement" économique de Moscou, s'il ne retirait pas ses soldats de Crimée.

Et Washington a déjà pris des mesures de rétorsion.

Des réunions à caractère économique et un voyage d'une délégation russe à Washington pour parler énergie ont déjà été annulés, a souligné un autre haut responsable américain. Une réunion de coopération militaire est également en suspens.

Pire, la Russie pourrait perdre son siège à la table des grandes puissances, au sein du club du G8, a fermement prévenu John Kerry.

Le président russe Vladimir Poutine "pourrait ne pas avoir de (sommet du) G8 à Sotchi, il pourrait même ne pas rester au sein du G8 si cela continue", a-t-il ainsi menacé sur la chaîne de télévision NBC.

Dans la soirée, les pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) ont commencé à mettre leur menace à exécution, annonçant la suspension des préparatifs en vue du sommet de Sotchi (Russie) en juin.

Ce gel restera valable "jusqu'à ce que l'environnement redevienne favorable à des discussions significatives au G8", ont précisé ces pays dans un texte diffusé par la Maison Blanche et intitulé "communiqué des dirigeants du G7".

Tout comme les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni avaient déjà annoncé qu'ils suspendaient leur participation aux réunions préparatoires de ce sommet.

"Si la Russie veut être un pays membre du G8, elle doit se comporter comme un pays du G8", a insisté John Kerry sur CBS, fustigeant aussi sur la chaîne concurrente ABC la "manière agressive d'agir" de Moscou.

Il a encore dénoncé "l'invasion et l'occupation" de l'Ukraine par la Russie qui mettent en péril "la paix et la sécurité" dans la région. "Au 21e siècle, vous ne vous comportez tout simplement pas comme au 19e siècle en envahissant un autre pays", s'est insurgé le secrétaire d'Etat.

Cherchant d'habitude le compromis avec Moscou, M. Kerry s'est montré très dur sur d'éventuelles conséquences: "Le G8 et quelques autres sont prêts à aller jusqu'au bout pour isoler la Russie en raison de cette invasion. Ils sont prêts à mettre en place des sanctions, ils sont prêts à isoler la Russie économiquement".

En Ukraine, Kiev a déclaré être "au bord du désastre" à la suite de la "déclaration de guerre" de la Russie, et semblait perdre rapidement le contrôle de la Crimée, tandis que l'Occident cherchait une issue à l'un des plus graves conflits de son histoire avec Moscou.

L'Otan a demandé le déploiement d'observateurs internationaux en Ukraine pour résoudre la crise pacifiquement et appelé la Russie à retirer ses troupes, tout en maintenant la porte ouverte au dialogue avec Moscou. Aux yeux du secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen, "ce que fait la Russie en Ukraine (...) menace la paix et la sécurité en Europe".

Mais John Kerry a assuré que "la dernière chose que l'on veuille c'est l'option militaire dans ce genre de situation. Nous voulons une résolution pacifique".

Le président Obama, qui avait parlé durant 90 minutes samedi à son homologue russe Vladimir Poutine, a conversé dimanche avec la chancelière allemande Angela Merkel, le Premier ministre britannique David Cameron et le président polonais Bronislaw Komorowski, selon les responsables de son administration.

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