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Obama reçoit Netanyahu qui promet de résister aux "pressions"

02/03/2014 10:00 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Barack Obama reçoit lundi Benjamin Netanyahu pour l'exhorter à accepter un accord-cadre sur les négociations de paix avec les Palestiniens à l'approche d'une date-butoir, alors que le Premier ministre israélien a promis de résister aux "pressions".

Mobilisé pendant le week-end par l'intervention russe en Ukraine, l'une des pires crises de politique étrangère qu'il ait dû gérer, le président américain va se retrouver avec M. Netanyahu en terrain plus balisé mais face à un dossier qui lui résiste depuis son arrivée au pouvoir il y a cinq ans.

Les pourparlers de paix, qui ont repris en juillet 2013 après quasiment trois ans d'interruption, sont censés déboucher d'ici au 29 avril sur un "accord-cadre" traçant les grandes lignes d'un règlement définitif sur les questions dites de "statut final": les frontières, les colonies, la sécurité, le statut de Jérusalem et les réfugiés palestiniens.

Mais les discussions n'ont pas enregistré d'avancées concrètes et le secrétaire d'Etat John Kerry a fait savoir que les discussions se poursuivraient probablement au-delà de la date-butoir.

Dans un entretien publié dimanche par Bloomberg, le président américain a résumé son état d'esprit. Répétant le soutien des Etats-Unis à la sécurité d'Israël, il a mis en garde son hôte au sujet de la "construction accélérée dans les colonies" et estimé que "si les Palestiniens arrivent à la conclusion qu'un Etat palestinien souverain et contigu n'est plus possible, alors notre capacité à gérer les conséquences internationales sera limitée".

Selon des statistiques officielles israéliennes publiées lundi, le nombre de mises en chantier de logements dans les colonies juives de Cisjordanie occupée a plus que doublé en 2013 par rapport à 2012.

Le négociateur en chef palestinien, Saëb Erakat, a salué les déclarations de M. Obama, qualifiant d'"illusion" l'idée selon laquelle la colonisation améliorerait la sécurité d'Israël. "Netanyahu doit le comprendre. C'est la vérité", a affirmé M. Erakat, attendu à Washington mardi.

Mais Dani Dayan, représentant des colons, a condamné "l'incompréhension éhontée" des réalités régionales dont fait preuve selon lui M. Obama, et a exhorté M. Netanyahu à "résister à l'intimidation" de Washington.

- Relations peu chaleureuses -

M. Kerry avait déjà provoqué l'ire de la droite israélienne en mettant en garde début février contre les risques de boycottage d'Israël si ce dernier ne concluait pas rapidement la paix.

M. Netanyahu "doit prendre une décision" sur le processus de paix, observe Alan Elsner, vice-président du groupe progressiste J Street, partisan d'une solution à deux Etats.

"Ce n'est pas facile pour lui parce qu'il y a des coûts politiques induits, mais le coût de l'inaction est bien plus grand pour Israël", ajoute ce responsable en allusion à la coalition de M. Netanyahu, qui va des centristes laïques à l'extrême-droite religieuse.

Après des mois de navette de M. Kerry entre les deux camps, "le sentiment est que les négociations sont parvenues à un point où seule une implication du président, une implication directe, peut les faire progresser", explique Haïm Malka, du groupe de réflexion CSIS de Washington.

Deux semaines après M. Netanyahu, M. Obama recevra le président palestinien Mahmoud Abbas. Les Palestiniens ont manifesté leur hostilité à un accord-cadre qui inclurait "l'exigence d'une reconnaissance de la judéité de l'Etat d'Israël comme Etat-nation juif", élément cardinal d'un accord de paix pour M. Netanyahu.

Dimanche avant de quitter Israël, le Premier ministre, qui entretient des relations personnelles peu chaleureuses avec M. Obama, a estimé que "ces dernières années, l'Etat d'Israël avait fait l'objet "de diverses pressions". "Nous les avons rejetées. Nous l'avons fait dans le passé, nous allons le faire à l'avenir", a-t-il ajouté.

M. Netanyahu a souligné que ses entretiens avec M. Obama, prévus à partir de 13H45 (18H45 GMT), seraient consacrés, outre le processus de paix, à la question iranienne.

Le Premier ministre a exprimé son inquiétude vis-à-vis de la tournure des pourparlers entre les grandes puissances et l'Iran après qu'un accord intérimaire eut été trouvé en novembre sur le programme nucléaire de la république islamique.

Ni M. Netanyahu ni M. Abbas ne sont enthousiastes vis-à-vis des tentatives américaines de les rapprocher, observe M. Malka: "Ce qui les motive pour essayer de progresser est d'éviter d'apparaître comme les responsables d'un sabotage du processus" de paix.

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