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Nucléaire iranien : les premières avancées au menu de l'AIEA

02/03/2014 10:00 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Les progrès laborieux, mais réels, de la négociation nucléaire engagée entre les grandes puissances et l'Iran passent lundi au scanner de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui se réunit à Vienne.

Le Conseil des gouverneurs de l'agence, composé des délégués de 35 pays, prend place entre deux sessions de la grande négociation lancée fin 2013 à Genève.

Le 24 novembre dernier, l'Iran et le 5+1 (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) avaient mis fin à une décennie de face à face tendu en concluant un plan d'action sur six mois, sous la surveillance étroite de l'AIEA, pour tenter de mettre un point final à la controverse : les grandes puissances soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, la République islamique nie farouchement.

Le plan, appliqué depuis le 20 janvier, prévoit le gel de certaines activités nucléaires sensibles de l'Iran, en échange d'une levée partielle et provisoire des sanctions internationales.

Pendant ce temps, les négociateurs essaient de transformer l'accord -au plus tôt d'ici le 20 juillet- en un arrangement définitif, qui supprimerait toutes les sanctions en échange de garanties solides que l'Iran n'aura pas la bombe.

"Les négociations se passent bien", a assuré le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif jeudi 27 février, illustrant le très prudent optimisme actuel.

A Vienne, l'AIEA a déjà établi que l'Iran respectait les engagements pris à Genève, et en particulier qu'il avait interrompu l'enrichissement d'uranium jusqu'à 20%.

C'est ce processus rapprochant l'uranium du niveau nécessaire à la confection de l'arme nucléaire qui inquiète particulièrement les grandes puissances, mais aussi Israël et les monarchies pétrolières arabes du Golfe, voisines sunnites de l'Iran chiite.

L'AIEA a aussi noté ces derniers jours qu'aucun élément d'importance n'avait été installé au réacteur à eau lourde d'Arak, dont le plutonium pourrait aussi entrer dans la composition d'une bombe atomique.

Un bilan dont le président iranien Hassan Rohani, un modéré dont l'élection en 2013 a permis le dégel, s'est félicité dans un discours dimanche : "Ils (les Occidentaux, ndlr) savaient tous que la science nucléaire en Iran est uniquement pacifique (...). L'AIEA a mené des milliers d'heures d'inspections et a affirmé qu'il n'y avait aucun signe d'une diversion du programme nucléaire iranien vers un but militaire."

En marge du conseil des gouverneurs, les experts techniques de l'Iran et des grandes puissances débuteront mercredi trois jours de discussions, également à Vienne.

Les deux camps s'étaient préalablement accordés, en février, sur un ordre du jour détaillé pour la suite des négociations.

- Le plus dur reste à faire -

Selon un diplomate proche du dossier, les parties sont désormais d'accord sur sept mesures à mettre en oeuvre d'ici au 15 mai. Seule l'une d'entre elles concerne ce que les négociateurs appellent "les possibles dimensions militaires" du programme iranien.

Autant dire que la route vers un accord définitif apparaît encore longue et escarpée. "Les progrès ont été bons jusqu'ici", mais "les parties difficiles de l'exercice sont devant nous", résume un diplomate avant le Conseil des gouverneurs, tout en notant que "tout le monde est convaincu de la volonté de coopérer" du président Rohani et de son équipe de négociateurs.

Vienne accueillera encore, le 17 mars, la prochaine réunion entre l'Iran et les 5+1. Plusieurs autres doivent suivre d'ici au mois de juillet.

Experts et diplomates jugent peu probable la conclusion d'un accord en l'espace de six mois, tant les positions restent éloignées. Mais la période pourra, par consentement mutuel, être prolongée jusqu'à novembre.

L'absence d'avancée importante d'ici à l'été serait toutefois un mauvais signal. Car si elles suscitent des espoirs, les négociations attisent aussi l'inquiétude, tant en Iran qu'aux Etats-Unis et en Israël, de ceux qui craignent de voir leur camp baisser la garde. Un surplace dans les discussions donneraient des arguments à ces sceptiques.

L'un de ceux qu'on entend le plus, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, compte d'ailleurs réitérer ses réserves dès lundi à Washington, où il doit s'entretenir avec le président américain Barack Obama.

cs/abk

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