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Non-lieu pour 2 politiciens libyens qui risquaient la mort pour une caricature

02/03/2014 08:44 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Deux hommes politiques libyens qui risquaient la peine de mort pour un dessin jugé insultant envers l'islam ont bénéficié dimanche d'un non-lieu sur les principaux chefs d'accusation, a annoncé à l'AFP leur avocat, Abdelmajid al-Mayet.

"Le tribunal a rendu son verdict. Il a décidé d'un non-lieu pour les trois principales accusations" passibles de la peine de mort, a déclaré l'avocat.

Ali Tekbali et Fathi Saguer, membres du Parti national libyen (PNL), ont écopé d'une amende pour "incitation à la discorde entre Libyens", a ajouté l'avocat, précisant qu'il allait faire appel de cette décision.

Les deux hommes étaient accusés de "promotion et possession de dessins satiriques insultants envers l'islam et le Prophète", après avoir utilisé sur une affiche électorale du PNL en 2012 une caricature du prophète Mahomet publiée par le magazine satirique français Charlie Hebdo.

Le dessin représentait un groupe d'hommes discutant du rôle des femmes dans la société. Les deux politiciens affirment avoir trouvé sur internet le dessin d'un des personnages, un homme barbu, sans savoir qu'il représentait le prophète.

"Le dessin a suscité un tollé parce qu'il présentait, involontairement, le personnage utilisé plus tard pour représenter le prophète Mahomet dans une bande dessinée anti-islamique", avait expliqué samedi Amnesty International, insistant sur le fait que l'affiche libyenne ne faisait aucune référence à l'islam ni au prophète.

"Il est choquant que deux responsables politiques puissent se retrouver face à un peloton d'exécution pour un dessin publié sur une affiche de campagne électorale. Nul ne devrait être poursuivi en justice pour avoir exprimé librement ses opinions en public, même si certains peuvent les considérer comme insultantes", a déclaré Said Boumedouha, directeur adjoint du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à Amnesty.

ila/fcc

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