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"Incident" France-Maroc: Fabius aurait aimé plus de diplomatie

02/03/2014 05:43 EST | Actualisé 02/05/2014 05:12 EDT

Des "dysfonctionnements" ont accompagné il y a dix jours "la convocation" en France par la justice du chef du contre-espionnage marocain et "les choses auraient dû se faire d'une manière plus diplomatique", a estimé dimanche le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius.

Cette convocation, notifiée à la suite de plaintes pour "complicité de torture" à l'encontre de M. Abdellatif Hammouchi, a provoqué la colère de Rabat qui a suspendu sa coopération judiciaire avec la France. En dépit d'une démarche du président français François Hollande auprès du roi du Maroc les deux pays restent aujourd'hui en froid.

Interrogé par les médias Europe 1, i-Télé et Le Monde, Laurent Fabius a qualifié d'"incident" cette convocation déposée le 20 février par une demi-douzaine de policiers au domicile de l'ambassadeur du Maroc en France, en marge d'une visite à Paris du ministre marocain de l'Intérieur.

"Il y a eu des dysfonctionnements (...) dans la façon dont les choses ont été ordonnancées. Il aurait fallu prévenir les intéressés et les choses auraient dû se faire d'une manière plus diplomatique", a jugé le ministre français. "Cela dit, la justice en France est indépendante et donc il faut en tenir compte", a ajouté Laurent Fabius.

"J'espère que tout cela va s'apaiser et nous y travaillons". "Nous devons trouver des solutions pour éviter ce genre d'incidents, nous y travaillons avec mon collègue marocain", a-t-il précisé.

La crise franco-marocaine s'est aggravée avec la publication de propos attribués par l'acteur espagnol Javier Bardem, fervent défenseur de la cause sahraouie, à l'ambassadeur de France à l'ONU, Gérard Araud.

Selon Javier Bardem, ce diplomate, en lui expliquant le soutien de Paris à Rabat sur le Sahara occidental, lui aurait affirmé en 2011 que le Maroc était une "maîtresse avec laquelle on (la France) dort toutes les nuits, dont on n'est pas particulièrement amoureux mais qu'on doit défendre".

Interrogé à ce sujet, Laurent Fabius a répondu que ces propos étaient "contestés par l'ambassadeur en place, qui a des témoins à l'appui de ses dires". "Je considère que c'est sans objet", a ajouté le ministre.

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