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Ouverture lundi à New York du procès d'un gendre de Ben Laden

01/03/2014 12:45 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Après plusieurs reports, le procès d'un gendre de Ben Laden et ancien porte-parole d'Al-Qaïda doit s'ouvrir lundi à New York, rare plongée dans le monde de la nébuleuse terroriste.

Souleymane Abou Ghaith, 48 ans, déchu de sa nationalité koweïtienne après les attentats du 11-Septembre, est inculpé de complot visant à tuer des Américains, complot visant à apporter un soutien à des terroristes et soutien matériel à des terroristes. Il a plaidé non coupable et risque la réclusion à perpétuité.

Le gouvernement américain affirme qu'au lendemain des attentats du 11-Septembre, il se trouvait aux côtés de Ben Laden et du numéro 2 de l'organisation Ayman al-Zawahiri en Afghanistan, et avait averti les Etats-Unis qu'une "grande armée se formait contre (eux)". Il avait publiquement appelé "la nation de l'Islam" à se battre contre "les juifs, les chrétiens et les Américains".

Après les attentats, qui avaient fait près de 3.000 morts à New York, Washington et en Pennsylvanie, il avait encore affirmé que "la tempête ne s'arrêtera(it) pas, spécialement la tempête des avions".

Les procureurs new-yorkais l'ont également accusé de complicité avec Richard Reid, un Britannique qui avait tenté de faire exploser un vol Paris-Miami en décembre 2001 avec des chaussures piégées, trois mois après le 11-Septembre. Reid purge une peine de prison à vie aux Etats-Unis.

Marié à l'une des filles de Ben Laden, Fatima, Souleymane Abou Ghaith a, selon l'accusation, travaillé pour Al-Qaïda jusqu'en 2002, année où il a quitté l'Afghanistan pour s'installer en Iran.

- Témoignages vidéo -

Son procès à Manhattan, à environ un kilomètre du site des attentats du 11-Septembre, pourrait durer plusieurs semaines.

A la demande de la défense, le juge fédéral Lewis Kaplan a autorisé le témoignage par circuit vidéo d'un ancien chauffeur de Ben Laden, Salim Hamdan, qui vit désormais au Yémen. L'accusation espère elle le témoignage, également par circuit vidéo de Saajid Badat, un Britannique qui avait plaidé coupable et coopéré avec les enquêteurs après avoir été accusé de complicité avec Richard Reid. Condamné à 13 ans de prison, il a été libéré au bout de quelques années.

La défense a également demandé avant le procès de pouvoir interroger par écrit le cerveau auto-proclamé des attentats du 11-Septembre Khalid Cheikh Mohammed, détenu à Guantanamo. Elle a obtenu gain de cause, le juge reculant pour cela d'une semaine l'ouverture du procès. Mais la défense n'avait apparemment pas encore obtenu ses réponses à la veille du procès, en raison des procédures de sécurité.

Ce procès commence lundi par la sélection des jurés, dont l'anonymat sera protégé.

Souleymane Abou Ghaith avait été arrêté fin janvier 2013 à Ankara, après avoir traversé la frontière avec l'Iran. La Turquie l'a ensuite expulsé pour la Jordanie et c'est là qu'il a été arrêté par la CIA, selon ses avocats.

Son procès précédera celui dans le même tribunal fédéral de Manhattan du prêcheur islamiste Abou Hamza, extradé de Grande-Bretagne en octobre 2012 et poursuivi pour 11 chefs d'inculpation, dont prise d'otages et activités terroristes. Son procès, déjà repoussé à plusieurs reprises, est désormais fixé au 14 avril.

Plusieurs suspects de terrorisme ont été transférés depuis deux ans à New York, le président Obama ayant promis de fermer la prison militaire de Guantanamo.

C'est encore à Manhattan et face au juge Kaplan que devrait avoir lieu le procès, à une date non fixée, du Libyen Abou Anas al-Libi, membre présumé d'Al-Qaïda inculpé pour les attentats contre deux ambassades américaines d'Afrique de l'Est en 1998. Il a été capturé à Tripoli en octobre 2013.

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