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Ukraine: les pro-russes tentent d'étendre leur toile en Crimée

28/02/2014 08:05 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Les partisans d'un rattachement de la Crimée à la Russie tentaient vendredi d'étendre leur toile dans ce territoire du sud de l'Ukraine, se déployant aux abords de bâtiments publics, dont deux aéroports et la représentation locale du président ukrainien.

Kalachnikov à la main, une dizaine de militaires aux uniformes dépourvus de tout signe distinctif, arrivés dans la nuit, ont patrouillé toute la journée à l'extérieur de l'aéroport de Simféropol, dans une Crimée en proie à des tensions séparatistes.

Les autorités ukrainiennes ont évoqué une "invasion armée" russe, ces mystérieux militaires à l'aéroport de Simféropol "ne dissimulant pas leur appartenance aux forces armées russes" selon le ministre de l'Intérieur par intérim Arsen Avakov.

La Crimée a d'abord appartenu, au sein de l'URSS, à la Russie, avant d'être rattachée à l'Ukraine en 1954. Elle abrite toujours la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol.

Les militaires étaient appuyés par une trentaine de civils, non armés, qui ne cachaient pas leurs sympathies pro-russes.

"Nous sommes là pour ne pas permettre qu'arrivent en avion de l'ouest de l'Ukraine des fascistes ou des radicaux", déclare, évoquant en ces termes les partisans du nouveau régime ukrainien, leur porte-parole improvisé, Vladimir, 46 ans, en veste de treillis et qui se présente comme un ancien officier.

A l'intérieur de l'aéroport, les passagers effectuent dans le calme les formalités d'embarquement pour les vols à destination de Moscou ou de Kiev.

En fin d'après-midi, trois policiers ukrainiens discutaient entre eux, ignorant royalement les militaires, qui agissaient de même envers eux. La plupart de ces derniers dissimulaient leur visage derrière des cagoules.

Le directeur du Conseil national de sécurité ukrainien avait auparavant assuré que l'aéroport se trouvait "à nouveau sous le contrôle des forces de sécurité ukrainiennes".

Interrogés au sujet des militaires présents à leurs côtés, les militants pro-russes en civil, bonnet sur la tête, se contentaient d'un laconique "pas de commentaires".

"Nous sommes des volontaires, venus maintenir l'ordre", ont-ils affirmé.

L'un d'eux, Vadim, un jeune ingénieur en baskets, jure ne pas être un "extrémiste" : "Mais si les bandits nationalistes viennent, nous allons nous battre avec eux. Nous trouverons des armes en cas de besoin".

- DJ et drapeaux russes -

Dans le même temps, des centaines de militants pro-russes s'étaient rassemblés toute la journée aux abords du Parlement de la république autonome de Crimée, à Simféropol, où les couleurs russes ont été hissées jeudi par le groupe qui y est entré, apparemment armé.

Quelques heures plus tard, réunis à huis clos, les députés du parlement avaient voté l'organisation d'un référendum le 25 mai pour plus d'autonomie en Crimée. Cette date est aussi celle qui a été choisie par le parlement ukrainien à Kiev pour organiser une présidentielle anticipée, après la destitution du président Viktor Ianoukovitch.

Des chants patriotiques russes étaient diffusés par des "DJ" improvisés parmi les manifestants et l'on pouvait, comme les jours précédents, voir des drapeaux russes dans la foule.

Une barricade faite de bois et de tôles barre toujours l'accès du bâtiment et une rangée de policiers empêche les curieux de s'en approcher.

Un de leurs officiers assure que des députés, dont il ignore le nombre, "travaillent" actuellement dans l'immense bâtisse, mais que les forces de l'ordre n'y ont pas pénétré.

Une cinquantaine d'autres militants ont pris position devant la Représentation du président ukrainien en Crimée, également dans le centre de Simféropol, pour en interdire l'accès à son nouveau chef, nommé par les autorités ayant renversé Viktor Ianoukovitch à Kiev la semaine dernière.

"Nous ne sommes pas d'accord avec sa nomination", explique Natalia Morozova, une des manifestantes.

Six policiers sont présents sur les lieux, les mains dans les poches.

A la gare de Simféropol, à une douzaine de kilomètres de là, un groupe de cinq jeunes arpente un des quais pour là aussi, raconte l'un d'eux, "éviter" que des "extrémistes" des régions autres que russophones d'Ukraine ne débarquent..

Tout y semble tranquille, et le drapeau ukrainien flotte toujours en haut de la façade. "Pour le moment", lance, goguenard, un chauffeur de taxi.

A Sébastopol même, où mouillent des navires de guerre russes, une quarantaine de cosaques pro-russes ont arraché vendredi le drapeau ukrainien flottant sur le conseil municipal, en présence de 500 personnes qui les ont applaudis, criant "bravo !", a constaté un correspondant de l'AFP.

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