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Rénovations : des résidents du Plateau-Mont-Royal en colère

28/02/2014 06:04 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Des architectes et des résidents du Plateau Mont-Royal dénoncent un règlement qui a un impact important sur les coûts de leurs rénovations.

Adopté par l'administration Ferrandez voilà quelques mois, le nouveau règlement prévoit que des rénovations sont considérées comme une démolition complète si elles répondent à certains critères.

« Des clients se retrouvent à payer 25 000 $ en frais », déplore l'architecte Sébastien Parent.

« L'arrondissement ne fait pas la distinction entre des gens qui démolissent leur maison et ceux qui réaménagent seulement certaines parties », poursuit-il. 

La firme d'architectes La Shed estime qu'au moins une dizaine de ses clients sont dans cette situation. « Ils sont souvent propriétaires depuis longtemps. Ils veulent rénover. C'est un règlement injuste et aberrant », affirme Sébastien Parent. 

Une fois rénovée, la maison est considérée comme une construction neuve et d'autres frais viennent s'ajouter.

Daniel Mayer, citoyen du Plateau-Mont-Royal depuis plus d'une vingtaine d'années, estime qu'il s'agit d'une taxe déguisée.

« C'est un moyen détourné pour aller chercher des revenus additionnels pour l'arrondissement », croit-il.

Le projet de rénovations qu'il comptait réaliser augmenterait de 25 000 $ à 35 000 $ selon ce nouveau règlement.  

Il explique que tout ce qu'il veut faire est éliminer un mur arrière et mettre un puits de lumière.

« Selon l'arrondissement, c'est comme si on mettait un bulldozer dans la maison », dit-il. 

Daniel Mayer n'est pas le seul à vivre cette situation. Une firme d'architecte compte déjà une dizaine de cas semblables.

Le maire de l'arrondissement se dit ouvert pour étudier les cas particuliers.

M. Ferandez insiste sur le fait que ce règlement a été adopté pour protéger le Plateau Mont-Royal des nombreuses transformations. La valeur des maisons augmente beaucoup trop rapidement.

« Avec l'ancien règlement, des gens gardaient seulement le plancher et la façade, puis ils construisaient ce qu'ils voulaient », ajoute-t-il.

Daniel Mayer ne sait pas s'il ira de l'avant avec son projet de rénovation. Il ne comprend pas pourquoi des élus, qui veulent garder la classe moyenne à Montréal, ne les aident pas dans leurs projets.

D'après le reportage de François Cormier

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