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Pas de répit pour le Venezuela, nouveau bilan de 17 morts

28/02/2014 10:30 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

La deuxième journée d'un long congé national n'aura pas suffit à ramener le calme à Caracas, alors que des barricades éparses bloquaient toujours des centaines de rues vendredi. 

Malgré la longue fin de semaine précédant les trois jours du Carnaval, des manifestations menées par des étudiants sont toujours visibles dans les rues, non seulement dans la capitale du Venezuela, mais également dans d'autres villes, comme Valence, Merida, ou encore San Cristobal.

C'est dans ce contexte que le président Nicolas Maduro a lancé une nouvelle ronde de rencontres télévisées, vendredi, avec l'objectif de rétablir le calme dans tout le pays. Il a annoncé son intention de tenir de telles conférences dans chacun des États.

Refusant d'entamer le dialogue avant que M. Maduro ne libère les protestataires arrêtés, les membres de l'opposition se sont exclus de l'exercice. Ils réclament aussi l'arrêt d'envois de forces de sécurité afin tenter de mater les manifestants.

« Je crois que le pays pourrait gagner si nous nous asseyons face à face pour discuter », a dit le président.

Il a fait cette déclaration alors que l'un des leaders de l'opposition est en prison et qu'un autre est visé par un mandat d'arrêt.

Pas de répit pour les manifestants

Après deux semaines de manifestations sous contrôle étudiant, un bilan officiel fait état de 17 morts.

Les Vénézuéliens sont sous le coup d'une inflation ayant atteint 56 % l'an dernier, en plus de subir des pénuries de produits de base et d'être aux prises avec une importante vague de criminalité.

Lors d'une manifestation en faveur des droits de l'homme tenue dans un quartier chic de l'est de Caracas, plusieurs centaines de manifestants ont brandi des drapeaux nationaux et tenu des pancartes arborant les photos des personnes tuées lors des manifestations.

« Il n'y aura pas de paix avant que justice ne soit rendue », a déclaré Amanda Valero, une coiffeuse de 32 ans.

Mais dans le gigantesque bidonville de Petare, la vie suivait son rythme habituel, avec des centaines de vendeurs ambulants vantant leur marchandise dans la place centrale. La plupart des manifestations se font dans les quartiers de la classe moyenne. 

« Les gens de Petare sont des guerriers, les gens de Petare ne s'arrêtent pour aucune raison, a lancé Yuly Chacon, un professeur de 27 ans. Ces manifestations sont le fait des zones riches. »

Réactions devant la violence 

La procureure générale du pays, Luisa Ortega Diaz, a annoncé vendredi la mort par balle d'un adolescent qui nettoyait la veille une rue dans l'État de Carabobo.

Les autorités vénézuéliennes ont aussi annoncé l'arrestation de huit membres des services nationaux de renseignement en lien avec des accusations de meurtre, ainsi que de trois soldats de la garde nationale et de trois policiers.

« L'État vénézuélien a agi pour punir, pour sanctionner ces personnes qui semblent responsables de violations des droits de l'homme », a déclaré la procureure Ortega Diaz.

Toujours vendredi, le responsable onusien des droits de l'homme a réclamé que le gouvernement du Venezuela respecte le droit d'assemblée pacifique. Il a aussi fait part de ses inquiétudes quant à l'utilisation de force excessive contre les manifestants.

De son côté, le secrétaire d'État américain, John Kerry, a indiqué que Washington pourrait évaluer ses options à la lumière d'une proposition du Sénat visant à refuser et à révoquer des visas, en plus de geler les biens de Vénézuéliens liés à la répression gouvernementale.

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