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Le droit de sorties non supervisées de Vince Li décrié et défendu

28/02/2014 09:56 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Les réactions ont continué de fuser après l'annonce que Vince Li, qui a décapité Tim McLean dans un autocar en 2008, aura droit à des sorties non supervisées de son hôpital psychiatrique.

D'abord, la mère de la victime, Carol de Delley, a soutenu que personne n'était tenu responsable de la mort de son fils. « Quand on commet un crime, on doit une dette à la société; où est passé ce principe?, s'est-elle interrogée. Aujourd'hui, vous commettez un crime et on va tout faire pour vous aider. Mais qu'est-ce que c'est que ça? »

Le maire de Selkirk, où se trouve le centre de santé mentale qui traite Vince Li, affirme que ses citoyens appréhendent les privilèges accordés à ce dernier. « J'espère seulement que les professionnels de la santé font ce qui est juste », a déclaré Larry Johannson. Nous devons leur faire confiance, avoir foi en eux. »

Jeff Karle, résident de Selkirk, lui fait écho. « Ça me rend un peu nerveux, peut-être parce que c'était un crime grave. J'aurais préféré que ses sorties soient supervisées, mais j'imagine qu'il faudra vivre avec », a-t-il reconnu.

Pensée médiévale

Toutefois, le PDG de la Société canadienne de schizophrénie, qui, en 2012, a interviewé un Vince Li pleinement conscient de sa maladie, insiste pour dire que la Commission d'examen du Manitoba a pris la bonne décision.

« Malheureusement, il y aura toujours un segment de la population qui le verra comme un criminel, quelqu'un d'inhumain, qui devrait être damné à jamais. C'est une pensée médiévale », a estimé Chris Summerville.

Signe que les avis sont partagés même à Selkirk, le résident James Mercer plaide aussi en faveur des sorties accordées à Vince Li. « Je n'ai aucun problème avec ça, a-t-il dit. Je reconnais qu'il a fait quelque chose de terrible, mais maintenant il est traité. Que va-t-on faire, l'enfermer à vie? »

Insulte, selon Blaney

Le ministre de la Sécurité publique du Canada a parlé d'« insulte envers Tim McLean, l'homme que [Vince Li] a décapité et sur lequel il s'est livré à des actes de cannibalisme. » « Notre gouvernement conservateur croit que ceux qui commettent des crimes graves et haineux doivent demeurer hors de nos rues », a fait valoir Steven Blaney, dans une déclaration transmise jeudi soir.

Le ministre a rappelé que son gouvernement a déposé un projet de loi, qu'approuve Carol de Delley, pour resserrer les critères de la non-responsabilité criminelle. Le projet de loi C-14, actuellement en deuxième lecture au Sénat, créerait une catégorie de non-responsabilité criminelle à haut risque. Une personne ainsi désignée à haut risque devrait recevoir l'assentiment de la cour avant d'être relâchée. Elle n'aurait pas le droit de sortir sans être accompagnée. En outre, elle ne pourrait pas voir son dossier réévalué en deçà d'une période de trois ans, alors qu'à l'heure actuelle, il peut l'être annuellement.

La réforme veillerait aussi à ce que la sécurité et l'avis des victimes soient toujours pris en considération lorsque des décisions sont prises au sujet des personnes déclarées non criminellement responsables.

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