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Lancement de la privatisation de Bankia près de deux ans après son sauvetage

28/02/2014 09:30 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

L'Etat espagnol a amorcé vendredi la privatisation de Bankia, près de deux ans après son sauvetage public qui avait précipité une aide européenne au secteur bancaire du pays de 41,3 milliards d'euros, montrant un retour de la confiance des investisseurs.

Le fonds public d'aide aux banques (Frob) a vendu 7,5% du capital de Bankia, quatrième banque espagnole par capitalisation, pour 1,3 milliard d'euros, a annoncé le groupe BFA-Bankia.

Avec cette opération, l'Etat espagnol réduit sa participation dans le groupe à 60,89% du capital et amorce le processus de privatisation, près de deux ans après l'injection de 20 milliards d'euros de fonds publics pour sauver la banque de la faillite.

Mi-février, le président de Bankia, José Ignacio Goirigolzarri, avait annoncé que la privatisation se ferait "par étapes sur deux ou trois ans", alors que l'Union européenne a donné au gouvernement espagnol jusqu'en 2017 pour privatiser la banque.

"Les premières tranches seront plus petites que les suivantes", avait-il précisé.

Le titre Bankia, suspendu vendredi matin à la Bourse de Madrid, a repris peu après 09H00 GMT, en chute de plus de 4%, autour de 1,51 euro, s'ajustant sur le prix de vente retenu à l'unité pour le paquet de 863.799.641 actions vendu.

La plus-value nette de l'opération atteint 301 millions d'euros, l'offre provenant dans sa quasi-totalité "d'investisseurs institutionnels étrangers", a ajouté le groupe.

Cette opération marque un nouveau tournant dans l'histoire chaotique de Bankia, née en 2010 de la fusion de sept caisses d'épargnes dont certaines étaient en fait déjà en difficulté, et entrée en bourse en juillet 2011.

A l'époque, son président, Rodrigo Rato, très connu pour avoir été ministre de l'Economie et directeur général du FMI, se félicitait de cette introduction.

Moins d'un an plus tard, la banque, fortement touchée par l'explosion de la bulle immobilière en 2008, s'est effondrée, affichant une perte record de 19 milliards d'euros pour 2012. Rodrigo Rato a dû démissionner. Il est aujourd'hui poursuivi pour escroquerie, détournement de fonds et falsification des comptes lors de l'entrée en bourse de Bankia.

Le gouvernement avait annoncé le 9 mai 2012 qu'il prendrait le contrôle de Bankia en transformant en participation la dette de 4,465 milliards d'euros contractée en décembre 2010 envers l'Etat à travers un prêt public.

Au total, l'aide publique injectée a dépassé les 20 milliards d'euros, soit la moitié du sauvetage bancaire européen de 41,3 milliards d'euros accordé à l'Espagne en 2012: l'Etat ne pouvait laisser tomber Bankia qui représentait alors 10% du système financier espagnol.

Le pays, alors source d'inquiétude pour les marchés notamment à cause de la fragilité de ses banques, avait échappé de justesse, cette année-là, à un sauvetage plus global de son économie.

Depuis, environ 400.000 petits actionnaires qui avaient investi dans Bankia lors de son introduction en bourse, ont essuyé de lourdes pertes.

Et d'ici 2015 le groupe supprimera 6.000 emplois, 28% de son effectif.

Le 23 décembre, la banque, assainie et remodelée, est revenue dans l'Ibex-35, indice phare de la Bourse madrilène, dont elle avait été exclue le 2 janvier 2013 en raison de sa restructuration.

Signe que son évolution est le parfait reflet de la situation du pays, elle a retrouvé le devant de la scène un mois avant la fin du programme d'aide au secteur financier espagnol.

En se débarrassant de ses actifs immobiliers douteux et en vendant plusieurs participations, elle est revenue dans le vert, avec un bénéfice net de 509 millions d'euros en 2013.

Reste toutefois une faiblesse, selon des analystes: son portefeuille d'investissements immobiliers, dont "près de 100% de l'activité est localisée en Espagne, pays qui croule sous les logements invendus.

Bankia a annoncé lundi la vente pour 713 millions d'euros de trois portefeuilles de crédits, dont une majorité considérés comme douteux.

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