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La Crimée glisse des mains de l'Ukraine

28/02/2014 04:41 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

La crise en Ukraine prend une tournure inquiétante, alors que Kiev accuse la Russie d'agression armée et de violation de son espace aérien.

Des blindés ont été vus se déplaçant librement sur les routes de Crimée, vendredi. Kiev dénonce en outre le transport de 2000 hommes armés pro-russes par la voie des airs jusqu'à Simféropol, la capitale de la Crimée, et seule région à majorité russophone du pays.

Des groupes armés détiennent maintenant les aéroports, en plus du siège du Parlement et de plusieurs bâtiments officiels de la Crimée.

Des hommes armés ont également bloqué une unité de gardes-frontières ukrainiens dans le port de Sébastopol.

Kiev marche sur des oeufs

Les nouvelles autorités ukrainiennes parlent d'agression et même d'occupation militaire du territoire national ukrainien.

Le président ukrainien par intérim, Oleksander Tourchinov, accuse Vladimir Poutine de rejouer en Crimée le scénario qui a conduit au conflit armé avec la Géorgie en 2008.

Pour l'instant, son gouvernement s'abstient de riposter militairement dans cette crise pour éviter le déclenchement d'hostilités.

Toutefois, le secrétaire du Conseil de défense et de sécurité nationale, Andriy Paroubi, a évoqué la possibilité de décréter l'état d'urgence en Crimée, ce qui préparerait la voie à une intervention militaire ukrainienne.

Mise en garde des États-Unis

Le président américain Barack Obama a mis la Russie en garde contre une intervention armée en Ukraine, en fin de journée vendredi.

« Une intervention militaire en Ukraine aura un coût », a-t-il affirmé. Il a ajouté que Washington soutenait « la souveraineté et l'intégrité territoriale » de l'Ukraine.

M. Obama n'a pas confirmé les informations concernant des mouvements de troupes russes en Crimée, mais a affirmé que son pays était « profondément inquiet ».

Un haut responsable américain a par la suite fait savoir que le président pourrait renoncer à participer au sommet du G8 à Sotchi en guise de contestation.

Le Canada s'en mêle

L'Ukraine a également reçu le soutien du Canada. Dans un avertissement lancé à « tous les pays de la région », le premier ministre canadien, Stephen Harper, a rappelé l'importance de respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

En visite à Kiev, le ministre canadien des Affaires étrangères, John Baird, a plutôt directement interpellé la Russie, disant que les pays voisins de l'Ukraine doivent éviter toute action pouvant paraître « provocante ».

« Avec cela en tête, je m'inquiète des effets que peuvent avoir des exercices militaires russes si près de la frontière ukrainienne, a-t-il déclaré. À ce moment-ci, où les émotions et les tensions sont au plus fort, ce n'est pas pour le mieux. »

Moscou joue l'indifférence

À Moscou, le gouvernement de Vladimir Poutine a presque immédiatement rétorqué qu'il n'était pas derrière la prise de contrôle des aéroports.

« Aucune unité de la flotte de la mer Noire n'a été déployée [à l'aéroport] ni ne participe au blocage », a indiqué la marine russe dans un communiqué. Elle affirme seulement avoir renforcé la sécurité près de la flotte afin de protéger les soldats qui y sont postés.

Des témoins ont affirmé que les activités se déroulaient normalement dans les deux aéroports touchés et que les occupants patrouillaient dans des uniformes militaires sans identification.

« Je suis avec la milice citoyenne de Crimée », a dit un homme rencontré à Simferopol par un journaliste de l'agence Reuters. « Nous sommes à l'aéroport pour assurer la paix », a-t-il expliqué, ajoutant qu'il ne savait pas d'où provenaient les militants à l'origine de l'initiative.

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