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Hollande veut prévenir la partition de la Centrafrique

28/02/2014 12:34 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Au cours d'une deuxième visite en Centrafrique en trois mois, le président français, François Hollande, a avancé qu'il fallait « éviter toute tentation de partition » et travailler à « établir l'État ».

Le président Hollande a effectué une visite de sept heures en Centrafrique, vendredi, profitant de l'occasion pour rencontrer la présidente intérimaire du pays, Catherine Samba Panza, et pour visiter les troupes françaises déployées dans ce pays africain en proie à des violences interconfessionnelles.

Mme Samba Panza a « remercié » le président français pour sa deuxième visite à Bangui. « Sans votre intervention, sans votre implication, la République centrafricaine ne vous accueillerait pas dans ce calme relatif », a-t-elle ajouté.

M. Hollande a également eu un long entretien avec l'état-major de Sangaris et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian.

« Il faut éviter qu'il y ait la moindre tentation de partition à l'est de la Centrafrique », a déclaré M. Hollande à Bangui au cours d'une allocution devant les militaires français de l'opération Sangaris, qui dispose de 2000 hommes en Centrafrique.

La France est intervenue militairement en Centrafrique en décembre dernier après que le pays eut basculé dans le chaos en mars 2013. Le régime de François Bozizé avait été renversé par la coalition rebelle musulmane Séléka.

Les milices de ce groupe ont perpétré des exactions dans l'est du pays provoquant l'exode de centaines de milliers de citoyens fuyant les violences. Ces violences perpétrées en toute impunité contre une population majoritairement chrétienne ont entraîné la formation de milices d'autodéfense qui a déclenché un cycle de violences interconfessionnelles.

Devant cette résistance, des groupes d'anciens rebelles Séléka se sont repliés dans l'est de la Centrafrique faisant craindre une partition du pays.

« La population est obligée de connaître l'exode, a déclaré M. Hollande. Les bandits terrorisent encore la population, notamment musulmane. La mission, c'est de permettre le rétablissement de l'ordre public » pour achever « la transition politique », a-t-il poursuivi, faisant référence aux élections prévues pour février 2015.

« Le défi, c'est la lutte contre tous les ennemis de la paix sans distinction », a-t-il insisté : « aucun crime ne doit rester impuni ».

Depuis le déclenchement de l'opération Sangaris le 5 décembre, des « progrès considérables ont été accomplis », mais « il reste beaucoup à faire », a souligné M. Hollande devant ses troupes, ajoutant que « d'ores et déjà, des milliers de vies ont été sauvées grâce à vous ».

La persistance des violences a forcé la France à réviser les paramètres de la mission. Elle a envoyé 400 soldats en renforts, jeudi dernier, et prolongé la mission qui devait être de courte durée à l'origine. Le gouvernement a reconnu que les militaires français étaient confrontés à des « difficultés considérables sur le terrain ».

Les Français ont perdu trois hommes depuis le déploiement de Sangaris le 5 décembre dernier pendant que la force africaine, qui compte 5700 hommes, en a perdu 19.

Paris demande à l'ONU d'envoyer une force de 10 000 hommes pour prendre le relais de ses troupes. Amnistie internationale milite également en ce sens pour que le Conseil de sécurité ordonne l'envoi d'une telle force en Centrafrique.

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