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Crise au Venezuela : les Cubains attentifs à l'avenir de leur principal allié politique

28/02/2014 12:09 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

La crise au Venezuela ravive une nouvelle fois les préoccupations des Cubains, dépendants des largesses du régime chaviste de Caracas, solide allié politique et premier partenaire économique de La Havane.

Le président cubain Raul Castro lui-même a publiquement évoqué la "crise complexe" que vit le Venezuela depuis début février et assuré son "plein appui à la Révolution bolivarienne et chaviste et au camarade Nicolas Maduro", le président vénézuélien élu après le décès de Hugo Chavez il y a un an.

La mort le 5 mars 2013 de Chavez, "fils politique" du Père de la Révolution cubaine Fidel Castro, avait réveillé à Cuba le sentiment du danger de la dépendance à Caracas. La courte victoire électorale de Nicolas Maduro un mois plus tard avait confirmé la fragilité du soutien du Venezuela à Cuba.

Les manifestations d'étudiants et les violences qui ont fait 14 morts depuis début février ravivent les craintes, même si les Cubains n'ont pas un accès ouvert à l'information et entendent surtout le président Maduro appeler à la paix et au dialogue au Venezuela.

"Les choses vont mal encore une fois", soupire Maria, une retraitée de 59 ans devant son téléviseur dont les programmes dénoncent les "complots fascistes" contre le régime chaviste de Nicolas Maduro.

Maria reçoit tous les jours des messages de ses enfants exilés en Espagne lui demandant comment on voit à Cuba ce qui se passe au Venezuela.

Rosa Alina Gomez, balayeuse de 64 ans, s'inquiète aussi de la "mauvaise passe" que traverse le Venezuela. Et des problèmes que pourraient affronter les milliers de médecins cubains qui y exercent leur métier.

Plus de 30.000 Cubains travaillent au Venezuela dans le secteur de la santé, dans le cadre des "exportations de services" qui rapportent quelque 9 milliards de dollars par an au régime communiste cubain.

"C'est sûr que ça pourrait faire beaucoup de mal à Cuba et à d'autres pays d'Amérique latine, parce que le gouvernement de Maduro aide beaucoup de monde", s'inquiète Rosa en trainant son balai sur les pavés de la vieille ville de La Havane.

La travailleuse sociale Yamilé Portuondo, 45 ans, n'est en revanche pas inquiète pour sa fille, laborantine au Venezuela. "Il ne se passera rien, Maduro tient la situation sous contrôle", assure-t-elle.

La blogueuse d'opposition Yoani Sanchez s'est, elle, réjouie que grâce à la télévision vénézuélienne Telesur, largement retransmise à Cuba depuis un an, les Cubains aient pu entendre pour la première fois un opposant vénézuélien s'exprimer.

"Pour la première fois, Cuba a entendu un opposant vénézuélien grâce à Telesur ! Bravo ! Entendrons nous un jour un opposant cubain ?", a twitté la philologue de 37 ans en début de semaine.

Le cauchemar de la "période spéciale", époque de terribles pénuries qui a suivi la chute de l'empire soviétique dans les années 90, plane encore dans les mémoires des Cubains.

Quelque 40% du commerce extérieur de Cuba se fait avec le Venezuela. Et particulièrement dans le secteur de l'énergie.

Si Cuba produit près de la moitié de ses besoins en pétrole, le reste, environ 100.000 barils par jour, est importé du Venezuela à des conditions avantageuses qui n'ont jamais été publiquement détaillées.

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