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Chypre peine à imposer des privatisations, cruciales pour de nouvelles aides

28/02/2014 08:57 EST | Actualisé 30/04/2014 05:12 EDT

Le Parlement chypriote va examiner une version amendée d'une loi sur les privatisations rejetée la veille, dont l'adoption est cruciale pour le versement d'une nouvelle tranche de l'aide internationale obtenue il y a un an, a annoncé vendredi le gouvernement.

Les députés doivent se réunir mardi en session extraordinaire pour débattre du texte amendé, a indiqué la radio d'Etat.

Selon le gouvernement, la loi doit être adoptée avant mercredi afin de remplir les conditions imposées par les bailleurs internationaux pour le versement d'une nouvelle tranche d'aide de 236 millions d'euros.

Au bord de la faillite, Chypre avait décroché un plan de sauvetage international de 10 milliards d'euros auprès de la troïka (Banque centrale européenne, Commission européenne, Fonds monétaire international) assorti de conditions draconiennes, dont la privatisation des principaux services publics.

"La nouvelle loi présentée par le gouvernement aujourd'hui (vendredi) incorpore de nombreux amendements qui ont été discutés (avec les parlementaires) et agréés par le ministre des Finances, nous espérons donc un vote en sa faveur", a annoncé le porte-parole du gouvernement, Christos Stylianides.

Il a ajouté qu'il s'agissait de ne pas mettre en jeu la crédibilité de l'île face aux bailleurs internationaux, d'autant que ces incertitudes parlementaires se doublent d'une crise au sein du gouvernement, après la démission de quatre ministres en désaccord sur la reprise des pourparlers avec la partie turque de l'île divisée.

"Nous espérons l'accord de la chambre, afin de ne pas connaître un regrettable incident qui affecterait la fiabilité de la République au moment où elle a retrouvé sa crédibilité et stabilisé sa situation", a ajouté M. Stylianides.

Le président, Nicos Anastasiades, qui avait salué la semaine dernière un "nouveau miracle économique" après le désastre de l'année passée, a abondé dans ce sens, s'affirmant "déterminé à garder le pays sur la voie de la stabilisation et de la guérison".

Vingt-cinq députés ont voté en faveur du projet, 25 contre et cinq se sont abstenus, alors qu'une majorité simple était nécessaire pour approuver le texte.

Alors que les formations d'opposition s'étaient opposées au projet, le gouvernement espérait cependant que le parti centriste Diko, qui a quitté jeudi la coalition gouvernementale, voterait en faveur du texte avec le parti de droite au pouvoir, Disy.

Mais les députés de Diko ont décidé de s'abstenir, après le rejet par le gouvernement de certains amendements qu'ils soutenaient.

M. Stylianides a assuré que les amendements soumis aux parlementaires vendredi répondaient aux interrogations des députés du Diko, et qu'ils garantissaient les droits des travailleurs des entreprises privatisées.

- Craintes de licenciements -

La semaine a été marquée par des grèves des salariés des compagnies de l'électricité (EAC), des Télécoms (Cyta) et de l'Autorité des Ports.

Les syndicats avaient appelé à une grève de 24 heures jeudi dans les principaux ports de Chypre, Limassol et Larnaca.

Les employés d'EAC avaient également fait grève mercredi, entraînant des coupures de courant, ainsi que l'autorité des télécoms, qui a fermé lundi pour trois jours.

Et jeudi, quelque 200 policiers anti-émeutes ont gardé les abords du Parlement, où s'étaient rassemblés des centaines de manifestants.

Les employés des trois entreprises concernés, les compagnies de l'électricité (EAC), des Télécoms (Cyta) et de l'Autorité des Ports, craignent des licenciements alors que le chômage atteint des sommets dans l'île.

"Les droits des travailleurs sont protégés, comme ils le sont déjà pour toutes les organisations para gouvernementales engagées sur le chemin de la privatisation", a tenté de rassurer le porte-parole du gouvernement.

Le gouvernement avait déjà, avant le vote de jeudi, affirmé que les droits des travailleurs seraient protégés, et que les employés pourraient acquérir des parts des entreprises.

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