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Ukraine: préoccupation des Occidentaux, Washington et l'Otan exhortent Moscou à éviter l'escalade

27/02/2014 05:58 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Face à l'accélération des événements en Ukraine et à la montée des tensions en Crimée où est stationnée la flotte russe de la mer Noire, Varsovie et Londres ont exprimé jeudi leur préoccupation tandis que Washington et l'OTAN exhortaient Moscou à éviter l'escalade.

La Russie a assuré qu'elle respectait les accords signés avec l'Ukraine sur la flotte russe de la mer Noire. "Dans la difficile situation actuelle, la flotte russe de la mer Noire applique strictement les accords en question", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

Plusieurs dizaines d'hommes armés ont pris tôt jeudi le contrôle du siège du gouvernement et du Parlement de Crimée à Simféropol, sur lequel ils ont hissé le drapeau russe.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a affirmé jeudi que la Russie s'était engagée à "respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine" au cours d'une conversation téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov, qui "a déclaré que les exercices militaires menés (par les forces russes) n'étaient pas liés à l'Ukraine et avaient été programmés antérieurement".

La Russie a annoncé mercredi avoir "mis en alerte" certaines de ses troupes, dont celles qui se trouvent le long de sa frontière avec l'Ukraine.

"Nous pensons que tout le monde doit maintenant faire un pas en arrière et éviter toutes formes de provocations", a déclaré M. Kerry, qui avait déjà mis en garde mercredi Moscou contre toute intervention militaire dans la crise ukrainienne, qui serait "une erreur grave".

"J'ai demandé spécifiquement que la Russie travaille avec les Etats-Unis et avec nos amis et nos alliés afin d'épauler l'Ukraine dans la reconstruction de son unité, de sa sécurité et son économie", a encore plaidé le chef de la diplomatie américaine.

Le même jour, l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a exprimé sa "grave inquiétude à propos des développements en cours en Crimée" et a demandé aux parties "de prendre toutes les mesures nécessaires pour éviter une nouvelle escalade et de s'abstenir de toute violence".

"J'appelle instamment toutes les parties concernées à faire preuve de responsabilité et de prudence dans cette situation précaire", a déclaré dans un communiqué Didier Burkhalter, ministre suisse des Affaires étrangères et président en exercice de l'OSCE.

La Crimée, péninsule russophone du sud de l'Ukraine, héberge la flotte russe de la mer Noire dans le port de Sébastopol.

Moscou doit "tenir sa parole" de "respecter l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine", a déclaré jeudi le Premier ministre britannique David Cameron.

Le Foreign Office s'est dit "très préoccupé" par la situation en Crimée, jugeant que les mouvements militaires russes "n'aident pas" à "un moment où toutes les parties (..) devraient travailler à désamorcer les tensions".

A Varsovie, le ministre polonais des Affaires étrangères Radoslaw Sikorski a lancé une mise en garde contre "un jeu très dangereux" en Crimée.

"Nous suivons le cours des événements en Crimée avec une grande attention et une grande préoccupation. Des hommes armés ont occupé des bâtiments du gouvernement à Simféropol. C'est une action radicale", a-t-il déclaré. Selon lui, "c'est de cette manière que commencent des conflits régionaux".

Son homologue lituanien, Linas Linkevicius, arrivé à Kiev jeudi pour rencontrer le nouveau gouvernement, a qualifié de "provocation" ces évènements, estimant que la Russie, dont le drapeau a été hissé sur les bâtiments officiels de Simféropol, devrait réagir.

M. Linkevicius, dont le pays assure actuellement la présidence mensuelle du Conseil de sécurité des Nations Unies, a appelé Moscou "à parler directement avec l'Ukraine et à travailler ensemble pour prévenir les provocations en cours".

Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a insisté sur la nécessité d'assurer la stabilité du pays, soulignant que "les Tatars de Crimée vivant en paix en Ukraine font partie de nos priorités politiques".

Le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a mis en garde jeudi la flotte russe de la mer Noire: "Tout mouvement de troupe armé sera considéré comme une agression militaire", a-t-il dit.

A Bruxelles, le secrétaire général de l'Otan, Anders Fogh Rasmussen, s'est déclaré "extrêmement inquiet des évolutions les plus récentes en Crimée", jugeant "dangereuse et irresponsable" l'action de groupes armés pro-russes. Il a appelé toutes les parties à éviter l'"escalade", au second jour d'une réunion des ministres de la Défense de l'alliance.

Le secrétaire américain à la Défense, Chuck Hagel, a renchéri en exhortant la Russie à éviter toute action "pouvant être mal interprétée".

"Nous observons de très près (les) exercices" de l'armée russe, a déclaré M. Hagel, en disant "attendre de toutes les nations" qu'elles respectent l'intégrité territoriale de l'Ukraine.

Washington, le plus puissant membre de l'Alliance atlantique, avait déjà averti mercredi la Russie que toute intervention militaire serait une "grave erreur".

Une Ukraine "souveraine, indépendante et stable" et "fermement engagée en faveur de la démocratie" constitue un "élément clé" de la sécurité dans la zone euro-atlantique, avaient affirmé mercredi les ministres de la Défense de l'Otan.

L'Otan a signé en 1997 un partenariat avec l'Ukraine, qui participe notamment à l'Isaf, la mission de l'alliance atlantique en Afghanistan.

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