NOUVELLES

Tunisie: l'un des chefs d'un violent groupe pro-islamiste arrêté

27/02/2014 05:38 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

L'un des dirigeants d'un groupe tunisien accusé d'être une brutale milice pro-islamiste a été arrêté mercredi soir après s'en être pris dans une vidéo aux syndicats policiers, provoquant des accrochages entre ses partisans et la police près de Tunis.

Imed Dghij, le chef de la section de la Ligue de protection de la révolution (LPR) au Kram, dans la banlieue de la capitale, a été arrêté sur ordre de la justice, a affirmé jeudi à l'AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Mohamed Ali Aroui.

Vingt-deux personnes ont été interpellées après les accrochages qui ont suivi son arrestation, a-t-il précisé.

Imed Dghij avait violemment critiqué dans une vidéo des syndicats des forces de l'ordre, les qualifiant notamment de "gangs politisés", ainsi que les magistrats. "Nous ne nous rendrons pas. Nous vaincrons et nous ne mourrons qu'après en avoir fini avec vous, c'est clair?", avait-il lancé.

Imed Dghij a "légitimé le fait de faire couler le sang des agents des forces de l'ordre (...). Nous avons, dans le cadre de la loi, porté plainte", a dit Mounir Khmili, porte-parole du syndicat des agents et cadres de la sécurité du district de Tunis, à la radio privée Mosaïque FM.

La LPR a appelé sur sa page Facebook à manifester vendredi à la Kasbah, devant le siège du gouvernement, et à "une insurrection de colère contre la police de (Zine El Abidine) Ben Ali partout", en référence au président déchu.

La LPR est considérée par plusieurs partis politiques et une large partie de la société civile comme une milice brutale proche du parti islamiste Ennahda, qui a récemment remis le pouvoir à un gouvernement apolitique.

Ouvertement soutenue par Ennahda et par le Congrès pour la République (CPR), parti de centre-gauche du président Moncef Marzouki, qui démentent qu'elle soit une milice violente, la LPR a été accusée à de nombreuses reprises d'orchestrer des attaques contre des opposants ou des associations pour les intimider.

Ses militants sont ainsi soupçonnés du lynchage à mort d'un représentant du parti Nida Tounes à Tataouine (sud) à l'automne 2012 ainsi que d'une attaque contre le siège du syndicat UGTT.

L'UGTT et les opposants à Ennahda réclament la dissolution des différentes sections de la LPR depuis l'hiver 2012.

iba/alf/cbo

PLUS:hp