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Rétrospective Winogrand, photographe de l'Amérique des années 60 et 70

27/02/2014 12:45 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Photographe de l'Amérique et de l'Américain moyen des années 1960 et 1970, le mal connu Garry Winogrand, décédé en 1984, fait l'objet à Washington d'une rétrospective qui explore, pour la première fois, toute son oeuvre.

Ce photographe en noir et blanc de la rue de New-York et des instantanés de la vie quotidienne américaine, est "le moins étudié et le moins compris" de la génération de ses contemporains comme Diane Arbus, Robert Frank ou Lee Friedlander, selon Leo Rubinfien, commissaire de l'exposition et lui-même photographe.

Pourtant, toujours considéré comme un des grands photographes américains, Winogrand laisse une oeuvre forte de dizaines de milliers de clichés, qu'explore cette rétrospective présentée du 2 mars au 8 juin à la National Gallery of Art de Washington.

Déjà exposée à San Francisco, elle ira ensuite à New York cet été au Metropolitan Museum of Art, avant de franchir l'Atlantique pour se retrouver à l'automne au Jeu de Paume à Paris, avant Madrid et la Fundacion Mapfre au printemps.

La mort soudaine et précoce du photographe -- il est mort à 56 ans d'un cancer fulgurant diagnostiqué quelques semaines plus tôt -- a laissé quelque 4.600 rouleaux de films développés mais pas tirés sur papier, et 2.500 pellicules jamais développées, soit quelque 250.000 clichés, ont expliqué les organisateurs devant la presse.

- Photographe des rues -

Si certains avaient déjà été exhumés pour une première rétrospective au MoMa de New York en 1988, leur tâche "monumentale" pour cette exposition a donc été de choisir parmi 22.000 planches-contacts des clichés que le photographe lui-même n'avait, pour nombre d'entre eux, jamais vus.

Un tiers des quelque 200 photographies exposées sont des clichés "posthumes", comme la moitié des quelque 400 publiés dans le catalogue qui accompagne l'exposition.

Garry Winogrand est d'abord le photographe des rues de New York, une ville qu'il voit "comme un grand théâtre dont les pièces, comiques ou tragiques, spontanées ou bien préparées, sont en représentation permanente", selon Sarah Greenough qui dirige le département photo du musée.

Dans ses clichés, Winogrand, grand admirateur de Henri Cartier-Bresson et surtout du photographe de la Dépression Walker Evans, montre avec tendresse, ironie ou tristesse la foule de Coney Island, les passants qui se pressent dans les rues de New York ou les soirées mondaines au Metropolitan Opera.

Photographe qui essayait de capter "l'esprit du peuple américain" à travers le portrait d'anonymes, selon M. Rubinfien, il a néanmoins également suivi des meetings politiques avec John Kennedy, des manifestations contre la guerre du Vietnam et publié, parmi les cinq livres de photos imprimés de son vivant, des séries sur les animaux.

Au Texas et à Los Angeles, thèmes de ses derniers clichés, il montre les cow-boys, les strip-teaseuses ou les aéroports.

Winogrand avait commencé en travaillant pour des magazines comme Life ou Sports illustrated.

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