POLITIQUE

Montréal dévoile ses conditions pour l'oléoduc 9B d'Enbridge (VIDÉO)

27/02/2014 11:10 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

La Communauté métropolitaine de Montréal, l'Union des producteurs agricoles et l'organisme Équiterre demandent à Québec, à Ottawa et à Enbridge de mettre en œuvre rapidement les recommandations faites en décembre concernant l'inversion prévue du pipeline 9B d'Enbridge.

L'Office national de l'énergie, l'organisme fédéral de réglementation, doit se prononcer prochainement sur ce projet controversé.

Le maire de Montréal, Denis Coderre, qui est aussi président de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), demande que les 18 recommandations de la commission parlementaire qui a tenu des audiences en 2013 soient rapidement prises en compte. Le maire réclame notamment des garanties concernant la sécurité des citoyens et la protection de l'environnement. Il veut aussi que la compagnie prévoie des fonds en cas de catastrophe. Il a ainsi répété des demandes qu'il avait formulées en décembre.

« Nous sommes d'accord avec l'inversion du pipeline. Mais ce n'est pas un chèque en blanc. On ne veut pas être les dindons de la farce là-dedans », a dit le maire Coderre lors d'une conférence de presse conjointe, à Montréal. « Je demande au gouvernement du Québec d'utiliser tous les outils pour permettre une décision éclairée », a-t-il ajouté.

« Il faut aussi parler de développement économique. il ne faut pas que ce pipeline-là ne soit qu'un droit de passage. On n'a pas un droit de servitude », poursuit-il.

L'organisme Équiterre s'inquiète tout particulièrement des risques pour la santé et l'environnement.

« Depuis la fin de la commission parlementaire, c'est le silence radio. Elle a posé 18 conditions. Québec doit nous dire ce qu'on va faire de ces 18 conditions », a dit de son côté Steven Guilbeault, porte-parole d'Équiterre.

« L'Office de l'énergie doit se prononcer dans les prochaines semaines, sinon dans les prochains jours [sur ce projet]. Si Québec ne bouge pas rapidement, il aura laissé tout le champ libre au fédéral pour décider de ce qui va se passer dans ce dossier. C'est inacceptable. Il y a beaucoup d'enjeux locaux , comme la qualité de l'infrastructure, les risques, et les émissions de gaz à effet de serre », a ajouté M. Guilbeault.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) a aussi fait part de ses craintes. 

« On a des inquiétudes concernant la santé de nos terres et des cours d'eau. Enbridge a fait 600 tests, mais n'a pas partagé le résultat de ces inspections chez les producteurs », affirme Marcel Groleau, pdg de l'UPA. M. Groleau se demande aussi ce qu'il adviendra du pipeline dans plusieurs années, quand il ne sera plus sous responsabilité fédérale. « Il y a un flou, une zone grise. Est-ce que ça deviendrait de responsabilité provinciale? », demande-t-il.

Le maire de Terrebonne, Jean-Marc Robitaille, demande de son côté que les municipalités soient informées de tout incident le long du pipeline. « Nous avons appris par hasard qu'un déversement de 4000 litres de pétrole avait eu lieu à la station de pompage d'Enbridge à Terrebonne, le 12 mai 2011. Cette situation ne doit plus se reproduire. »

Le projet d'Enbridge vise l'inversion du flux de l'oléoduc entre North Westover, près d'Hamilton, et Montréal.

Afin de savoir si l'oléoduc passe près de chez vous, entrez votre code postal dans cette carte interactive.

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