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L'Irak inaugure un musée sur le soulèvement anti-britannique de 1920

27/02/2014 12:04 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

L'Irak a inauguré jeudi un musée retraçant l'histoire de la ville de Najaf, au sud de Bagdad, et plus particulièrement la période du soulèvement contre la puissance mandataire britannique en 1920.

Le musée --installé dans un bâtiment appelé Khan al-Shilan et ayant servi de prison pour soldats britanniques-- a été inauguré en présence du ministre du Tourisme et de l'archéologie, Liwaa Smayssem, de responsables politiques et de chefs tribaux.

"Il s'agit du premier musée dédié à l'histoire et l'héritage de Najaf, ce musée symbolise le rejet de l'esclavage et de l'occupation étrangère", a expliqué M. Smayseem à l'AFP.

Au lendemain de la Première guerre mondiale et de la chute de l'empire ottoman, l'Irak est passé sous mandat britannique contre lequel les Irakiens se sont révoltés en 1920 avant d'obtenir leur indépendance en 1932 et d'être à nouveau occupés par les Britanniques durant la Seconde guerre mondiale.

Les forces britanniques sont par la suite retournées en Irak en 1991 lors de l'opération "Tempête du désert" et en 2003, date de l'invasion de l'Irak par une coalition internationale dirigée par les Etats-Unis.

Le musée de Najaf met en scène des documents datant de l'époque ottomane, puis celle du mandat avec notamment la reconstitution d'une attaque de membres de tribus contre les soldats britanniques. La statue d'un combattant irakien trône dans la cour de Khan al-Shilan.

Le bâtiment était initialement un lieu de repos pour les centaines de milliers de pèlerins qui visitent chaque année à Najaf la tombe de l'imam Ali, une des figures les plus révérées de l'islam chiite.

Après avoir ensuite été transformé en siège militaire par les Ottomans, puis en bâtiment administratif, Khan al-Shilan est retourné temporairement aux mains des Irakiens qui en ont fait une prison pour les soldats britanniques capturés lors de batailles en 1920.

Des graffitis tracés par les militaires captifs ont été préservés et sont exposés dans le musée, aux côtés de portraits des figures de la révolte irakienne.

L'histoire du bâtiment a ensuite été marquée par l'installation en son sein du premier générateur électrique de Najaf en 1933. Il a servi successivement de moulin à blé et d'usine à fabrication de pain de glaces, avant de tomber dans l'oubli.

Avec de ce musée, Liwaa Smayssem a affirmé qu'il espérait voir émerger une réputation archéologique, récréative et culturelle pour la ville de Najaf qui jusqu'alors est principalement connue pour le pèlerinage chiite et le tombeau de l'imam Ali.

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