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La Russie a promis de respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine (Kerry)

27/02/2014 02:04 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont affirmé jeudi que la Russie s'était engagée à respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine et que Moscou leur avait assuré ne pas être derrière les troubles en Crimée, dans le sud de cette ex-République soviétique.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry rendait compte de sa dernière conversation téléphonique avec son homologue russe Sergueï Lavrov.

Face à l'accélération des évènements en Ukraine et la montée des tensions en Crimée, où est stationnée la flotte russe, Varsovie et Londres ont fait part jeudi de leur préoccupation tandis que Washington et l'Otan exhortaient Moscou à éviter l'escalade.

M. Kerry comme la Maison Blanche ont renouvelé leur mise en garde à la Russie contre des "provocations" dans cette crise ukrainienne et ont dit surveiller les activités militaires de Moscou dans la région.

Au téléphone, M. Lavrov "a déclaré que les exercices militaires menés n'étaient pas liés à l'Ukraine et avaient été programmés antérieurement, et il a aussi réaffirmé la déclaration du président (Vladimir) Poutine selon laquelle la Russie respectera l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a rapporté John Kerry.

Le ministre américain des Affaires étrangères s'exprimait devant la presse aux côtés de son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier, dont le pays est très en pointe dans le règlement de la crise ukrainienne.

"Nous allons voir quels choix fait la Russie dans les prochains jours, s'ils confirment ces déclarations. Car les déclarations sont des déclarations, les mots sont des mots. Nous avons tous appris que ce sont les actes qui font la différence", a lancé le secrétaire d'Etat.

Avant lui, le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney avait dit "attendre de la Russie qu'elle soit transparente sur ces activités et s'abstienne d'actes de provocation".

"Nous pressons (les autorités russes) de ne pas prendre de mesures qui pourraient être mal interprétées ou mener à des erreurs dans une période très délicate", a ajouté M. Carney.

Cherchant aussi à se montrer conciliant, M. Kerry a dit avoir "demandé spécifiquement que la Russie travaille avec les Etats-Unis et avec nos amis et nos alliés afin d'épauler l'Ukraine dans la reconstruction de son unité, de sa sécurité et son économie".

"Nous sommes absolument tous prêts à accueillir la Russie à la table pour faire naître une Ukraine démocratique, pluraliste et pour le plus grand nombre, comme l'a défini le peuple ukrainien", a martelé M. Kerry, assurant que le changement de régime à Kiev "n'avait pas été encouragé de l'extérieur" et avait été "une surprise" pour la communauté internationale.

La Russie a de son côté assuré qu'elle respectait les accords signés avec l'Ukraine sur la flotte russe de la mer Noire en Crimée.

Plusieurs dizaines d'hommes armés ont pris tôt jeudi le contrôle du siège du gouvernement et du parlement de Crimée à Simféropol, sur lesquels ils ont hissé le drapeau russe. La Crimée, péninsule russophone du sud de l'Ukraine, héberge la flotte russe de la mer Noire dans ses quartiers historiques, la ville portuaire de Sébastopol.

Sur le plan économique, M. Kerry avait annoncé mercredi que les Etats-Unis offriraient leur garantie à hauteur d'un milliard de dollars sur un éventuel prêt des institutions financières internationales à Kiev.

Le ministre allemand Steinmeier s'en est félicité et a confirmé que "l'Union européenne allait probablement suivre avec à peu près le même montant". Il doit rencontrer vendredi à Washington la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) Christine Lagarde.

"Compte tenu de la situation du pays et de la profonde crise économique (...) il serait bien pour nous tous que notre soutien soit coordonné", a plaidé M. Steinmeier.

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