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Haïti: l'ONU étudie une reconfiguration de sa mission

27/02/2014 10:55 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Ban Ki-moon doit prochainement présenter des options pour une "reconfiguration" de la mission de l'ONU en Haïti, a affirmé dans un entretien l'envoyée spéciale des Nations unies qui appelle par ailleurs à la tenue d'élections cette année.

"Le secrétaire général Ban Ki-moon s'est engagé à présenter en mars dans son prochain rapport au Conseil de sécurité de l'ONU, des options sur une éventuelle reconfiguration de la mission" (Minustah), a déclaré à l'AFP Sandra Honoré, originaire de Trinidad et Tobago, dans cet entretien accordé mercredi.

Le président haïtien Michel Martelly a répété lors d'un récent voyage en Europe qu'il souhaitait voir la mission de stabilisation --présente dans le pays le plus pauvre du continent américain depuis 2004-- transformée en "mission de développement".

"Oui, c'est un voeu exprimé par le président d'Haïti aux Nations unies, mais je ne pourrais pas vous dire avec précision la période à laquelle Haïti ne va plus avoir besoin de la mission de stabilisation", a indiqué la diplomate.

"Les options que le secrétaire général va présenter au Conseil de sécurité ne sont pas à effet immédiat", a-t-elle poursuivi, précisant que l'ONU allait continuer à travailler pour renforcer la sécurité et la stabilité en Haïti.

De près de 7.000 militaires à ses débuts, la Minustah est passée aujourd'hui à 5.824 Casques bleus et 2.425 policiers, son effectif le plus bas en 10 ans de présence dans le pays caribéen secoué par des violences sporadiques et une instabilité chronique.

- "La violence n'est pas une option" -

"Notre travail se fait sur plusieurs axes, dans la formation et le renforcement des capacités de la police haïtienne (PNH) qui compte actuellement 11.000 hommes, mais l'objectif est d'atteindre 15.000 policiers d'ici 2016", a assuré Sandra Honoré, écartant en revanche toute idée de collaboration à une éventuelle restauration de l'armée haïtienne dissoute en 1994.

Promettant le soutien logistique de la mission de l'ONU pour atteindre cet objectif, l'envoyée spéciale a insisté parallèlement sur la nécessité d'organiser des élections: "La tenue des élections a été différée pendant trop longtemps. Nous exhortons les acteurs à faire tout ce qui est nécessaire pour que des élections libres, transparentes et ouvertes à tous aient lieu en 2014".

Sur le plan politique, Mme Honoré a toutefois salué le dialogue engagé entre les forces politiques du pays sous les auspices du premier cardinal haïtien Chibly Langlois comme un "tournant dans la pratique politique". "Je crois qu'il y a une volonté manifeste d'un grand nombre de participants au dialogue de continuer dans ce processus".

L'aboutissement de ce processus dépend cependant de la signature d'un accord entre le président Michel Martelly, certains partis politiques et le Parlement afin d'organiser en 2014 les élections législatives et locales retardées depuis plus de deux ans.

En outre, certains partis d'opposition --dont celui de l'ex-président Jean-Bertrand Aristide-- ont cessé de participer à ce dialogue, et menacent de descendre dans la rue pour exiger la démission du président Martelly au pouvoir depuis 2011.

"Mon message consiste à exhorter les participants aux manifestations à ne pas avoir recours à la violence comme manière d'exprimer un point de vue", a mis en garde la responsable de l'ONU: "La violence n'est pas une option".

Reconnaissant des progrès en matière de droits de l'homme, Sandra Honoré a toutefois estimé que beaucoup reste encore à faire. La récente mise en place par le gouvernement d'une commission interministérielle sur les droits de l'homme "va dans la bonne direction, mais les questions de la détention prolongée et de la surpopulation carcérale restent critiques", a-t-elle jugé.

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