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Guinée: la mort de deux jeunes provoque des émeutes à Fria (ouest) et à Conakry

27/02/2014 06:22 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

La ville de Fria, dans l'ouest de la Guinée, et la capitale Conakry, ont été le théatre mercredi d'émeutes de jeunes, provoquées par la mort de deux des leurs dans des circonstances distinctes, a appris jeudi l'AFP après de la police et de témoins.

A Fria, à 150 km au nord-est de Conakry, "des centaines de jeunes armés de bâtons, de gourdins et même d'armes blanches ont pillé, saccagé et mis le feu à la gendarmerie, aux services techniques du développement rural et à la direction préfectorale des mines", a indiqué un policier de la ville joint par téléphone depuis Conakry.

Selon lui, ils protestaient contre le meurtre par des agents de la police municipale d'un adolescent accusé de détenir de la drogue.

Des témoins ont affirmé que le bureau du maire de Fria avait également été saccagé et que les jeunes avaient en outre réussi à briser les portes de la prison, permettant à au moins une vingtaine de détenus de s'évader. Plusieurs véhicules ont ausi été détruits.

Des renforts de militaires et gendarmes ont été dépêché dans la nuit de mercredi à jeudi à Fria.

Un témoin, Mamadou Dramé, a accusé ces policiers municipaux d'avoir "plus d'un cas de meurtre à leur actif", ce qui expliquerait "la raison de ce mouvement spontané".

A Conakry, des lycéens ont également violemment manifesté mercredi après le décès d'un de leurs camarades à l'hôpital, accusant les médecins de "négligence".

Moussa Mara, élève en classe de seconde, avait été hospitalisé mardi après avoir reçu un coup de pied au ventre lors d'un match de football dans son quartier.

Selon un manifestant, les médecins ont demandé 300 euros à sa famille pour le soigner, mais celle-ci n'ayant pas les moyens de payer, ce sont ces camarades de lycée qui se sont cotisés pour qu'il puisse subir une opération au cours de laquelle il est décédé.

Les élèves ont alors attaqué à coups de pierres la direction de l'hôpital, brisé des vitres et des véhicules, blessant plusieurs personnes, dont trois médecins.

Jeudi matin les élèves ont à nouveau manifesté sur un des grands axes routiers de Conakry, mais ils ont été dispersés par la police anti-émeute à l'aide de gaz lacrymogène et de matraques, a constaté un journaliste de l'AFP.

Le ministre guinéen de la Santé, Rémy Lamah, a regretté la mort du jeune lycéen et condamné les violences.

La Guinée est régulièrement secouée par des manifestations violentes d'habitants excédés par le délabrement des services publics, la corruption et la brutalité des forces de l'ordre et de sécurité à leur encontre.

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