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En France, le boom de la cigarette électronique fait reculer le tabagisme

27/02/2014 10:15 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

L'essor de la cigarette électronique fait reculer le tabagisme en France et pour la première fois les traitements de l'arrêt du tabac sont en baisse en 2013, souligne l'Observatoire des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Entre 8 et 9 millions de Français ont déjà essayé la "e-cigarette" et un à deux millions l'utilisent quotidiennement, selon l'OFDT qui vient de publier ses chiffres définitifs de ventes du tabac 2013.

L''usage de la cigarette électronique réduit la "quantité moyenne consommée par les fumeurs" et explique pour partie, avec la hausse des prix, la baisse des ventes en 2013, estime l'observatoire.

Pour la première fois, le volume des ventes de tabac, dont le prix ne cesse d'augmenter, est passé sous la barre des 60 millions de tonnes, avec un recul des ventes de cigarettes (environ 80% du marché) de 7,6 %, souligne le bilan annuel OFDT.

Le tabac à rouler continue par ailleurs de progresser, mais de façon moins importante que les années précédentes (+ 2,6%).

Mais seulement 1% des Français déclaraient avoir cessé complètement de fumer grâce à l'e-cigarette, à la date de l'enquête réalisée en novembre 2013 auprès d'un échantillon représentatif de 2.052 individus âgés de 15 à 75 ans.

"Tout ce qui diminue le nombre de cigarettes (fumées) est une bonne nouvelle", estime néanmoins le président de l'Office français du tabagisme, le Pr Bertrand Dautzenberg. Ce pneumologue suggère d'adjoindre, au besoin, au vapotage d'autres moyens comme les substituts à la nicotine.

Au moment de l'enquête, les trois quarts de ceux qui avaient "vapoté" au cours des 30 derniers jours, indiquaient le faire depuis moins de six mois. On manque donc encore de recul pour mieux cerner succès et échecs de cette méthode, ainsi que leurs causes, selon les spécialistes.

Alors que le "vapotage" progresse, les ventes de traitements pour l'arrêt du tabac ont diminué pour la première fois depuis 2009 : une baisse qui se traduit par un recul de 10% du nombre de patients traités (en moyenne un mois) qui seraient 2,1 millions en 2013 (contre 2,4 en 2012). Déjà en baisse l'an passé, le nombre de personnes ayant bénéficié de la prise en charge partielle du coût des traitements par l'Assurance maladie recule de 7,2 %.

Parallèlement, il y a moins de nouveaux patients qui se présentent chaque mois dans les consultations de tabacologie (en moyenne 13,2 contre 15,2 en 2012).

La proportion des fumeurs en France serait en outre passée sous la barre des 30% (contre 33,7% en 2010).

Les buralistes mettent en cause la validité de ces chiffres de vente en soulignant que la contrebande de cigarettes achetées à l'étranger, dans la rue ou sur internet, est passée de 3% en 2003 à 24-25% aujourd'hui.

BC/pjl/phc/blb/ros

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