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Crimée: les autorités locales appellent au calme après que des pro-russes se sont emparés du parlement

27/02/2014 06:56 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre de la république autonome de Crimée a lancé jeudi un "appel au calme" à la population, affirmant vouloir "régler pacifiquement" la crise, après qu'un commando pro-russe a pris le contrôle du parlement à Simféropol, dans le sud de l'Ukraine.

"J'appelle la population au calme, il faut éviter les rassemblements de masse, il y a des pourparlers en cours, il faut que tout soit réglé pacifiquement, par des pourparlers", a déclaré Anatoli Mohilyov devant des journalistes.

Accompagné d'une quinzaine de députés, il est entré à l'intérieur du parlement, où il a pu discuter avec les membres du commando qui ont pris tôt jeudi le contrôle des lieux et du siège du gouvernement local voisin, hissant un drapeau russe, avant d'en ressortir.

"Il y a à l'intérieur une cinquantaine de personnes, ils se sont comportés de manière correcte avec nous, mais ils sont armés. Je pense que ce sont des Slaves", a-t-il ajouté, soulignant qu'il n'y a pas eu de victimes lorsque ces hommes ont pris dans la nuit le contrôle des lieux.

"Nous avons des informations sur la présence de blindés en dehors de la ville, on ne sait rien sur eux mais ils ne font pas mouvement, ils ne vont pas vers le centre ville", a encore indiqué le responsable.

Le président du Medjlis, l'assemblée représentant les Tatars de Crimée, communauté musulmane favorable au nouveau pouvoir à Kiev, a lui aussi appelé la population au calme et à éviter tout comportement agressif dans la rue.

La Crimée, qui avait d'abord appartenu, au sein de l'URSS, à la Russie, a été rattachée à l'Ukraine en 1954. Elle continue d'héberger la flotte russe de la mer Noire dans ses quartiers historiques, la ville portuaire de Sébastopol.

"Ici, c'est une terre russe, l'Empire russe a combattu les Turcs pour l'obtenir. L'essentiel, c'est que la paix règne et qu'un référendum soit organisé pour que nous puissions décider de notre avenir. Il nous faut une confédération en Ukraine: l'ouest et le centre sont ukrainiens, le sud et l'est sont russes", a déclaré un chômeur de 50 ans qui se dirigeait vers le Parlement en brandissant un drapeau russe.

A Kiev, le président par intérim Olexandre Tourtchinov a mis en garde Moscou contre la tentation de faire intervenir sa flotte.

"Je m'adresse aux dirigeant militaires de la flotte de la mer Noire: tous les militaires doivent rester sur le territoire prévu par les accords. Tout mouvement de troupe armé sera considéré comme une agression militaire", a-t-il déclaré lors d'une séance qui devait initialement être consacrée à la confirmation d'un nouveau gouvernement.

La Crimée, peuplée majoritairement de russophones, est la région d'Ukraine la plus susceptible de s'opposer aux nouvelles autorités en place à Kiev après le renversement de Viktor Ianoukovitch la semaine dernière, et dans cette région les pro-russes réclament la tenue d'un référendum sur le statut de la Crimée.

Mercredi, de brefs affrontements ont opposé des manifestants pro-russes et des partisans des nouvelles autorités ukrainiennes à Simféropol, alors que le chef du parlement local excluait tout débat sur une éventuelle sécession.

Le corps d'un homme, apparemment mort d'une "crise cardiaque" et ne portant pas de signes de violences, avait été trouvé près du parlement après ces heurts.

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