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Colombie: à une semaine des législatives, Uribe en deuxième position

27/02/2014 05:18 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

A une semaine des élections législatives du 9 mars en Colombie, la liste de l'ex-président conservateur Alvaro Uribe, principal opposant au processus de paix avec les Farc, arrive en seconde position d'intentions de vote, un résultat plus faible que prévu selon les observateurs.

Selon un sondage, publié lundi par l'institut Cifras y Conceptos, la liste du parti Centre Démocratique, fondé par M. Uribe, obtiendrait 14% des voix, derrière le parti Libéral (16%), qui participe à la coalition de l'actuelle majorité du président de centre-droit Juan Manuel Santos.

L'ancien chef de l'Etat, populaire pour sa politique de fermeté contre les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) entre 2002 et 2010, accuse son successeur de "trahison" pour avoir ouvert depuis plus d'un an des négociations avec la principale guérilla du pays.

"Uribe ne va pas pas réussir un score si important comme on le pensait au début. Comme il attire toute l'attention sur lui, les autres candidats de sa liste sont moins visibles", a expliqué à l'AFP le politiologue Sebastian Lippez, de l'Université Javeriana.

Selon les sondages, son parti obtiendrait 19 sièges sur 102 au Sénat et pourrait compliquer le jeu des pourparlers avec la rébellion marxiste, qui comptent encore selon les autorités près de 8.000 combattants.

"En réalité, la liste d'Uribe est une minorité. Comme toute minorité elle va être active et combattive mais elle ne pourra pas bloquer une éventuelle approbation du dialogue de paix, car les forces de la coalition gouvernementale et de la gauche atteindraient 80%", estime Alejo Vargas, professeur à l'Université Nationale.

Candidat à sa propre réélection en mai de cette même année, M. Santos reste en outre en tête dans les sondages pour la présidentielle, avec 31% d'intentions de vote au premier tour.

Le panorama des élections demeure toutefois encore flou pour le second fixé au 15 juin, 27% des électeurs affirmant qu'ils voteront blanc ou se déclarant indécis.

Aucun candidat ne semble en mesure de contrarier un nouveau mandat de quatre ans pour l'actuel président, M. Uribe étant de son côté empêché par la Constitution de se présenter une troisième fois.

Argument de poids pour M. Santos, une majorité de Colombiens (61%) pensent que les discussions avec les Farc, qui se déroulent à Cuba en l'absence de cessez-le-feu, aboutiront à un accord, même si seulement un tiers d'entre eux (33%) jugent que la négociation est le meilleur moyen de parvenir à la paix.

Le conflit interne colombien, le plus vieux d'Amérique latine, a mêlé des guérillas communistes, des milices paramilitaires d'extrême droite et des bandes criminelles, faisant plusieurs centaines de milliers de mort et 4,5 millions de disparus en cinquante ans.

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