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Chine: commémorations nationales pour le sac de Nankin et la victoire de 1945 contre le Japon

27/02/2014 06:25 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

La Chine a annoncé jeudi que le massacre de Nankin (1937) et la victoire contre le Japon lors de la Deuxième guerre mondiale (1945) seraient désormais célébrés par deux journées de commémoration nationale.

Cette décision, ratifiée par le comité permanent de l'Assemblée nationale populaire, s'inscrit dans un contexte de tensions durables entre Pékin et Tokyo, et notamment de fortes dissensions portant sur l'Histoire.

Le 3 septembre sera désormais le jour officiel de commémoration de la victoire de la guerre sino-japonaise (1937-1945) et le 13 décembre celui de la commémoration du sac de la ville de Nankin, a rapporté l'agence Chine nouvelle. Ces dates ne seront pas fériées.

Pas un jour ne se passe en Chine sans que la presse officielle ou les autorités ne reviennent sur le passé militariste du Japon, en l'accusant de refuser d'accomplir un travail de mémoire douloureux sur les atrocités commises par son armée.

Dans cette guerre des mots et de propagande, Pékin fait feu de tout bois, les médias donnant la parole de façon quotidienne aux anciennes victimes des exactions japonaises et publiant de nombreux reportages sur les musées et mémoriaux consacrés à cette époque.

Le 3 septembre était déjà un jour de commémoration de la victoire contre le Japon, le 3 septembre 1945 correspondant au lendemain de la signature des actes de capitulation des forces nippones.

La Chine chiffre à 300.000 le nombre des morts dans la vague de tueries, de viols et de destructions perpétrés par les militaires nippons durant les six semaines qui ont suivi leur entrée dans Nankin le 13 décembre 1937.

Selon des universitaires étrangers, le nombre de victimes serait toutefois nettement moins élevé. L'historien américain Jonathan Spence estime ainsi que 42.000 civils et militaires ont été tués et 20.000 femmes violées, dont beaucoup sont mortes par la suite.

Les relations entre Pékin et Tokyo sont très dégradées depuis plus d'un an en raison principalement d'un différend territorial.

La situation s'est encore détériorée après la visite du Premier ministre japonais Shinzo Abe le 26 décembre 2013 au sanctuaire Yasukuni, à Tokyo. Pour la Chine, ce lieu symbolise l'agression et l'occupation militaire nippones.

seb/ia

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