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Bangui "ne peut pas tout attendre de la communauté internationale" (commandant force française)

27/02/2014 04:27 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Le commandant des forces françaises en Centrafrique, le général Francisco Soriano, a estimé jeudi que les Centrafricains ne pouvaient pas "tout attendre de la communauté internationale" pour pacifier leur pays.

Interrogé par l'AFP sur les déclarations mercredi de la présidente centrafricaine Catherine Samba Panza "exhortant" les forces françaises et africaines "à faire usage réellement des mandats" de l'ONU, le général Soriano a répondu: "on ne peut pas tout attendre de la communauté internationale".

"Les Centrafricains doivent participer à la reconstruction de leur pays. Nous faisons déjà beaucoup. Maintenant, on est passé dans des opérations de sécurité intérieure où il faut qu'on implique davantage la gendarmerie et la police centrafricaines", a-t-il expliqué, en reconnaissant que les membres des forces de sécurité centrafricaines n'étaient pas payés.

"On travaille de plus en plus avec la gendarmerie pour la remettre en selle. C'est important de remettre en place l'autorité de l'Etat", a-t-il souligné, alors qu'il assistait à un contrôle de véhicule organisé dans la capitale par des gendarmes centrafricains, avec le soutien de soldats français de la force Sangaris.

Lors d'une conférence de presse mercredi, Mme Samba Panza avait estimé qu'il y avait une "spirale de violence exploitée par des gens qui n'ont pas intérêt à ce que la stabilité revienne dans ce pays".

"A cet effet j'exhorte la Misca (force de l'Union africaine), Sangaris, à faire usage réellement des mandats qui leur sont donnés dans le cadre des résolutions des Nations unies pour mettre hors d'état de nuire ces éléments incontrôlés qui nous empoisonnent la vie", avait-elle affirmé.

La résolution 2127 adoptée par l'ONU le 5 décembre 2013 autorise notamment les forces internationales à "rétablir la sécurité et l'ordre public" en Centrafrique.

Le Parlement français a approuvé mardi une prolongation de l'intervention française, lancée le 5 décembre, au-delà des quatre mois initialement prévus.

Le président français François Hollande pourrait faire une halte en Centrafrique vendredi, sur le trajet de retour d'un déplacement au Nigeria, a-t-on appris mercredi de source diplomatique confirmant des informations de presse.

Depuis le 5 décembre, la Croix-rouge centrafricaine a ramassé 1.251 cadavres dans les rues de Bangui, dont onze encore mardi et mercredi.

sj-mc/de

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