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Abou Qatada dénonce la taxe imposée par les jihadistes aux chrétiens en Syrie

27/02/2014 10:22 EST | Actualisé 29/04/2014 05:12 EDT

Le prédicateur islamiste Abou Qatada, jugé pour "terrorisme" en Jordanie, a critiqué jeudi le groupe jihadiste EIIL qui a imposé une taxe aux chrétiens en Syrie, affirmant que ses idées étaient "erronées et extrêmes".

"La taxe imposée par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL) sur les chrétiens dans certains secteurs de Syrie n'est pas acceptable", a affirmé Abu Qatada à des journalistes durant son procès à Amman.

Le groupe jihadiste a annoncé mercredi avoir imposé douze règles aux habitants chrétiens de la ville syrienne de Raqa qu'il contrôle, afin de garantir leur "protection", exigeant notamment qu'ils payent une taxe et célèbrent en privé leurs rituels. Ceux qui ne les respecteront pas seront traités comme des ennemis, a-t-il menacé.

Abou Qatada a affirmé que les "idées (de ces jihadistes) étaient erronées et extrêmes". "L'EIIL ne peut pas protéger les chrétiens (...) ils sont toujours en train de combattre", a-t-il ajouté.

Selon les règles édictées par l'EIIL, les chrétiens fortunés doivent payer jusqu'à l'équivalent de 13 grammes d'or pur, ceux de la classe moyenne devront verser la moitié de cette somme et les défavorisés le quart. La "jizya" était imposée aux premiers temps de l'islam aux non-musulmans par leurs conquérants islamiques.

L'"accord" annoncé par l'EIIL exige également que les chrétiens s'abstiennent de montrer "une croix ou toute chose de leur Livre dans les marchés ou les endroits où il y a des musulmans" et d'"utiliser des haut-parleurs pour faire entendre leurs prières". Ils doivent également s'abstenir de "célébrer leurs rituels (...) hors de l'église".

Le prédicateur Abou Qatada est jugé pour "terrorisme" devant la Cour de sûreté de l'Etat à Amman depuis son extradition en juillet du Royaume-Uni.

Il avait été condamné à mort par contumace en 1999 pour "complot en vue de mener des actes terroristes", en particulier contre l'école américaine à Amman, une peine immédiatement commuée en prison à vie assortie de travaux forcés.

En 2000, il avait également été condamné par contumace à 15 ans de travaux forcés pour complot visant à attaquer des cibles touristiques en Jordanie.

Extradé du Royaume-Uni après dix ans de saga judiciaire et diplomatique entre Amman et Londres, qui a obtenu la garantie qu'aucune preuve obtenue sous la torture ne pourrait être utilisée contre lui, Abou Qatada a plaidé non coupable de tous les chefs d'accusation.

La cour a ajourné le procès au 6 mars.

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