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Russie: un opposant condamné lundi battu par un gardien juste après son procès (défense)

26/02/2014 08:39 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Un opposant russe, condamné lundi à trois ans et demi de camp pour des violences lors d'une manifestation anti-Poutine en 2012, a été battu au tribunal par l'agent qui le convoyait, juste après son procès, a indiqué mercredi à l'AFP un de ses défenseurs.

Lundi, à l'issue de son procès au tribunal moscovite Zamoskvoretski, Alexeï Polikhovitch, étudiant de 23 ans, a refusé de repartir en prison sans obtenir la copie du verdict, a raconté Pavel Chapochnikov, l'un de ses défenseurs.

"On lui a dit qu'il aurait le texte dès qu'il monterait dans le véhicule qui l'emmènerait en prison, et il était déjà sur le point de partir lorsqu'un gardien a commencé à l'insulter, puis lui a asséné des coups sur un genou, la tête et au cou", selon le défenseur.

Une fois en prison, le détenu a été examiné par des médecins qui ont constaté les traces de coups sur son corps et dressé un certificat.

Le père de l'étudiant, Alexeï Polikhovitch, a confirmé mercredi le passage à tabac de son fils sur la chaîne de télévision d'opposition Dojd.

"Alexeï est dans un état satisfaisant, mais il a un énorme hématome sous son genou et a du mal à plier sa jambe", a indiqué à l'AFP la journaliste Zoïa Svetova, qui fait partie d'une commission de visiteurs de prison, et qui a vu M. Polikhovitch mercredi.

"L'agressivité et la violence de la part des gardiens de prison sont courantes dans le système pénitentiaire russe", a indiqué à l'AFP Dmitri Dinze, l'avocat d'un autre opposant qui a lui aussi été condamné lundi à trois ans et demi de camp dans la même affaire.

En décembre dernier, son client, Denis Loutskevitch, avait été également battu par un gardien après lui avoir demandé d'être "plus poli" à son égard, juste après une audience au tribunal municipal de Moscou.

La plainte a été classée sans suite, selon Me Dinze.

Alexeï Polikhovitch et Denis Loutskevitch ont été condamnés avec cinq autres manifestants à des peines allant jusqu'à 4 ans de camp pour participation à des "troubles massifs" et "violences envers les forces de l'ordre" lors d'une manifestation à Moscou le 6 mai 2012, la veille de l'investiture de Vladimir Poutine pour un troisième mandat au Kremlin.

Ce jugement est considéré par l'opposition et les défenseurs des droits de l'homme comme emblématiques des répressions en Russie.

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