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Où vont vos vélos volés?

26/02/2014 12:08 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Le vol de vélos à Montréal est un fléau : 20 000 par an en moyenne. Enquête a plongé dans les réseaux de revente pour comprendre comment ils sont écoulés.

Un texte de Josée Dupuis d'Enquête Courriel

Un cycliste sur deux s'est déjà fait voler son vélo au moins une fois, mais la majorité d'entre eux ne le déclare pas à la police.

Devant l'ampleur des vols, Philippe et Dominique, qui préfèrent taire leur nom de famille, traquent les voleurs de vélos. Pour Philippe, Montréal est un bar ouvert.

Un réseau de revente en mutation

Des transactions suspectes se font dans des lieux inusités comme à l'Accueil Bonneau, point de chute des itinérants. Cet été, un homme y achetait tous les vélos qu'on lui apportait. C'est aussi le cas dans certains stationnements de la ville ou encore dans la rue. Notre collaborateur s'est fait offrir un vélo pour 40 $, alors qu'il en valait 600. Un vélo que le vendeur dit avoir volé près d'une station de métro.

De nombreux lieux de revente que nous avons trouvés semblent échapper à la vigilance des autorités, car ils ne tiennent aucun registre des articles achetés ou vendus. Et ce, contrairement à ce qu'exige le règlement municipal.

Certains revendeurs de vélos usagés s'étonnent même de l'existence de ce règlement.

L'inspecteur Alain Gagnon, chef du poste de quartier 38 dans le Plateau Mont-Royal Sud, haut lieu du vol de vélos, ignore le nombre de ces commerces parallèles qui surgissent aux quatre coins de la ville.« On ne fait pas le recensement de ça présentement. »

Beaucoup de vélos n'ont jamais été réclamés se retrouvent également dans les encans municipaux. Des revendeurs d'origine africaine les achètent légalement à petits prix pour les revendre dans leur pays quatre fois plus cher. Votre vélo volé s'y trouve peut-être.

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