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L'Ukraine démantèle sa police antiémeute

26/02/2014 05:00 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

La police ukrainienne antiémeute, particulièrement haïe et redoutée des manifestants, a été dissoute, a annoncé mercredi le ministre de l'Intérieur par intérim sur sa page Facebook.

« Les Berkout n'existent plus », a écrit Arsen Avakov.

Les tireurs de la police ukrainienne antiémeute sont accusés d'avoir tué la plus grande partie des quelque 80 personnes qui ont péri la semaine dernière à Kiev dans des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants, un bain de sang qui a provoqué la destitution du président Viktor Ianoukovitch, désormais recherché pour « meurtres de masse ». Les députés ukrainiens ont d'ailleurs voté mardi pour le renvoi du président déchu devant la Cour pénale internationale (CPI).

Les Berkout ont été le fer de lance de la répression contre les opposants en Ukraine. Des images les montrant en train de tirer à balles réelles sur la foule ont fait le tour du monde.

Quant aux forces armées, elles ont été mises sous la responsabilité du président ukrainien par intérim, Olexander Tourtchinov.

Un gouvernement de transition sous peu

Pendant ce temps, les consultations politiques se poursuivent pour former un gouvernement de transition en Ukraine. La composition de celui-ci devrait être annoncée plus tard mercredi.

Les noms les plus fréquemment cités pour le poste de premier ministre sont ceux du banquier et dirigeant de la contestation Arseni Iatseniouk et de l'oligarque d'opposition Petro Porochenko et de l'ancienne chef du gouvernement Ioulia Timochenko. Celle-ci a toutefois déjà indiqué qu'elle ne briguait pas le poste et qu'elle s'apprêtait à aller se faire soigner en Allemagne.

L'ex-champion boxeur Vitali Klitschko, devenu l'un des dirigeants les plus en vue de la contestation populaire, a pour sa part annoncé qu'il sera candidat à l'élection présidentielle anticipée, qui aura lieu le 25 mai.

Le gouverneur prorusse de la région de Kharkiv, Mikhaïlo Dobkine, tentera aussi d'être élu à la présidence.

La campagne électorale a débuté mardi. Les candidats ont jusqu'au 30 mars pour faire connaître leurs intentions.

Déroute économique

Comme si la situation n'était pas assez tendue en Ukraine, la monnaie nationale, la hryvnia, a chuté mercredi à un niveau historiquement bas, atteignant la barre des 10 pour un dollar.

Les troubles politiques dans le pays ont provoqué une forte baisse de la devise, alors que le nouveau gouvernement a évalué à 35 milliards de dollars ses besoins
de financement pour 2014 et 2015.

Au cours de la seule journée de mercredi, la hryvnia a enregistré une baisse allant jusqu'à 4 %, la banque centrale semblant s'être résignée à cette dérive.

Le rouble russe a également atteint mercredi un nouveau record de faiblesse face à l'euro, la monnaie russe pâtissant des craintes d'une faillite de l'Ukraine et du ralentissement de l'économie russe.

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