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La Chine inculpe de "séparatisme" un économiste ouïghour

26/02/2014 05:58 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Un éminent intellectuel ouïghour arrêté le mois dernier à Pékin a été inculpé de "séparatisme", a annoncé mercredi son épouse, une charge lui faisant encourir une longue réclusion, voire la peine capitale.

"L'accusation de séparatisme ne repose sur rien. Mon mari est tout simplement un professeur d'université", a déclaré par téléphone à l'AFP Guzaili Nu'er, la femme d'Ilham Tohti.

Le professeur Tohti est connu pour dénoncer la répression visant les habitants de sa région d'origine, le Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine.

La Chine se sert des accusations de séparatisme "comme prétexte pour opprimer ceux qui ont des opinions politiques différentes", a dénoncé Dilshat Rexit, un porte-parole du Congrès mondial ouïghour, organisation en exil de défense des Ouïghours.

Constamment surveillé, en particulier lors de ses déplacements au Xinjiang, interdit de facto de quitter le territoire, Ilham Tohti était depuis des années dans le collimateur des autorités.

Soutenu par de nombreux intellectuels et militants réformistes, cet économiste quadragénaire a fondé Uighurbiz.net, un site d'information sur le Xinjiang en chinois et en ouïghour.

Peu après l'arrestation le 15 janvier du professeur Tohti, le Département d'Etat américain s'était dit "très préoccupé" par son sort.

Depuis, le professeur d'économie n'a pu rencontrer ses proches.

Li Fangping, un avocat choisi par la famille d'Ilham Tohti, a indiqué à l'AFP que l'intellectuel ouïghour était détenu à Urumqi, la capitale du Xinjiang. L'avocat a précisé avoir déposé une demande en bonne forme pour rencontrer son client, mais que celle-ci était pour l'instant restée sans réponse.

"Les autorités judiciaires chinoises traiteront le cas (d'Ilham Tohti) conformément à la loi en vigueur puisque la Chine est un Etat de droit", a affirmé mercredi Mme Hua Chunying, porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

Les Ouïghours, musulmans turcophones, forment la première ethnie du Xinjiang. Ils affirment être exclus des efforts d'investissements de Pékin dans leur région et entravés dans la pratique de leur religion et de leur culture.

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