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France: le chômage grimpe encore en janvier, le gouvernement espère une baisse fin 2014

26/02/2014 12:20 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Le chômage a encore grimpé en janvier en France, pour atteindre le niveau record de 3,31 millions de demandeurs d'emploi sans activité (+0,3%), et le gouvernement repousse désormais à fin 2014 l'objectif d'un reflux.

En incluant les chômeurs ayant eu une activité réduite (+0,5%), 4,92 millions de demandeurs d'emploi étaient recensés à la fin du mois dernier, du jamais vu.

Ces mauvais chiffres tombent particulièrement mal pour la gauche à l'approche des élections municipales des 23 et 30 mars, et alors que les partis au pouvoir, particulièrement le Parti socialiste, craignent de payer dans les urnes l'impopularité de l'exécutif.

Après l'échec de l'inversion de la courbe du chômage fin 2013, promise par le président François Hollande, le ministre du Travail Michel Sapin s'est fixé mercredi une nouvelle échéance, en disant "souhaiter" qu'il y ait "moins de chômeurs" fin 2014.

"Toute la politique gouvernementale est axée sur un objectif simple et compréhensible pour tous, à la fin de l'année il faudra qu'il y ait moins de chômeurs", a-t-il dit. Le ministre a aussi relevé qu'il y avait aujourd'hui "moins de jeunes au chômage qu'il n'y en avait l'année dernière", attribuant ce résultat à la politique gouvernementale d'emplois aidés.

Le mois de janvier a cependant marqué un coup d'arrêt à cette embellie observée chez les jeunes depuis le printemps 2013. Le nombre de jeunes chômeurs a été stable le mois dernier, même si l'on constate une baisse de 1,4% sur un an.

Par ailleurs, les salariés de plus de 50 ans paient le plus lourd tribut au chômage, avec une hausse de 11,6% en un an. Ils étaient plus de 750.000 demandeurs d'emploi à la fin du mois dernier.

"Il faut que le deuxième moteur de l'emploi, c'est-à-dire celui de la croissance dans les entreprises, dans l'économie, s'allume, notamment grâce au pacte de responsabilité", a ajouté le ministre.

Le Pacte de responsabilité annoncé par François Hollande en janvier prévoit une baisse du coût du travail par la suppression des cotisations familiales patronales, soit environ 30 milliards d'euros d'ici 2017, pour les inciter à investir et à relancer l'embauche de salariés.

Ce pacte doit être mis en oeuvre "le plus rapidement possible", car il est "une clé qui nous permettra de faire reculer durablement le chômage dans notre pays", a commenté mercredi soir le Premier ministre Jean-Marc Ayrault.

M. Sapin a estimé que des signaux positifs ont envoyés par l'économie française depuis le 4e trimestre 2013, avec pour la première fois depuis le début 2012 la création d'emplois dans le secteur marchand. Une évolution liée principalement à un regain de l'intérim, considéré comme précurseur du marché de l'emploi.

Selon l'Insee, la croissance a aussi été un peu plus forte que prévu en 2013 (+0,3%). Mais "si on veut créer plus d'emplois, il faut une croissance plus forte que 1%", reconnaît le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici.

La Commission européenne, qui estime que le chômage devrait commencer à décroître légèrement cette année dans la zone euro, a indiqué mardi qu'elle s'attendait pour la France à une stagnation à 11% en 2014 et 2015.

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