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«Nous préparons les cinéphiles de demain» - Jo-Anne Blouin, du FIFEM

26/02/2014 01:09 EST | Actualisé 26/02/2014 01:58 EST
Agence QMI

Le Festival international du film pour enfants (FIFEM) ne connaît pas la crise… du cinéma. Chaque année, les jeunes sont toujours aussi nombreux à explorer l’évènement qui propose chaque fois une programmation cinématographique alléchante venue des quatre coins du monde. Du 1er au 9 mars, une centaine de films en provenance de 30 pays sont déjà annoncés pour la semaine de relâche.

D’ailleurs, pour sa 17e édition le FIFEM prend encore plus d‘ampleur. «On s’agrandit, annonce en entrevue Jo-Anne Blouin, la directrice du festival. On était au cinéma Beaubien depuis 10 ans, mais pour répondre à la demande, on sera aussi au cinéma du Parc et au Musée des beaux-arts de Montréal.»

Le festival attire de plus en plus de monde, par conséquent les murs du Beaubien sont devenus un peu trop étroits. «On est toujours content quand le succès est au rendez-vous. Toutefois, ce n’est jamais plaisant de devoir refuser du monde. On a dû trouver des solutions pour répondre à la demande. Aller proposer des films dans d’autres lieux dans la ville permet au public d’avoir accès à beaucoup plus de choix», affirme Mme Blouin tout en précisant que le Beaubien demeure la maison-mère.

Mais qu’est-ce qui fait donc courir les foules, les petits comme les grands? «Le FIFEM n’est pas seulement un festival. Il y a aussi une atmosphère. Durant l’édition, les familles ont la possibilité de se retrouver toutes ensemble et de passer un bon moment. Et puis, une des raisons pour laquelle j’ai créé le FIFEM, c’est surtout pour donner la possibilité aux jeunes de pouvoir goûter à un autre cinéma que celui d’Hollywood», précise-t-elle.

Ainsi, l’événement porte une attention particulière aux œuvres internationales de qualités. L’occasion de voir pendant quelques jours des films d’Europe, d’Amérique latine ou d’Asie, alors que le reste de l’année, les productions américaines dominent le marché. «Je ne suis pas contre Disney, je suis plutôt pour la diversité. Surtout qu’il existe ailleurs des œuvres magnifiques», dit-elle.

À ce titre, Blouin dénonce au passage un certain «snobisme» au Québec de toujours juger le cinéma pour enfant comme un art mineur. «Ces films ne sont pas considérés à leur juste valeur. On ne trouve pas ça séduisant. Pendant qu’au Danemark, dix films jeunesse sont réalisés par années, au Québec, il s’en fait seulement un», déplore-t-elle.

Selon la directrice, le FIFEM apporte la preuve qu’il existe une clientèle pour davantage de productions. «La culture cinématographique s’acquiert avec le temps. Il faut donner au jeune public la possibilité de voir une diversité de films qui lui permettra d’apprécier plus tard les films de chez nous. Et pour cela, il faut commencer jeune. En contrant l’offre des grosses productions hollywoodiennes, nous préparons les cinéphiles de demain», conclut-elle.

Plus de détails sur fifem.com

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