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Echanges houleux au Parlement européen sur la Suisse

26/02/2014 08:12 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Un débat au Parlement européen sur les conséquences du référendum suisse a donné lieu mercredi à des éclats et des échanges houleux, notamment entre le Vert Daniel Cohn-Bendit et le Front national Bruno Gollnisch.

Le débat a d'abord été interrompu par le député italien Mario Borghezio, membre de la Ligue du Nord, qui a brandi un drapeau suisse en criant: "Oui au référendum, oui à la liberté du peuple", et "assez de dictature européenne sur le peuple" en français et en italien, avant d'être fermement prié de quitter l'hémicycle.

Daniel Cohn-Bendit, chef de file des Verts, a ensuite été rappelé à l'ordre après avoir apostrophé Bruno Gollnisch: "vous êtes des crétins finis parce que vous n'avez pas compris les valeurs de l'Europe". "J'ai plein d'admiration pour son intelligence et plein d'humilité pour mon crétinisme", a répondu M. Gollnisch.

Le débat portait sur l'avenir des relations entre l'UE et la Suisse à la suite du référendum helvète du 9 février sur la mise en oeuvre de quotas d'immigration qui remet en cause l'accord de libre-circulation entre ce pays et l'UE.

Le commissaire européen en charge de l'Emploi, Laszlo Andor, a rappelé la position de l'UE selon laquelle la libre circulation des personnes "est un droit fondamental" qui "n'est tout simplement pas négociable".

Après le vote suisse et la décision des autorités fédérales de ne pas ouvrir le marché du travail aux Croates, la Commission européenne a suspendu les négociations sur la participation suisse aux programmes "Horizon 2020" et "Erasmus plus".

"Le programme Erasmus ne va pas s'appliquer à la Suisse", a confirmé Olivier Bailly, porte-parole de la Commission, au cours d'un point de presse à Bruxelles. Entre 2010 et 2013, quelque 10.000 étudiants suisses ont bénéficié de ce dispositif.

"Nous ne pouvons pas accepter que la libre circulation des personnes soit remise en cause", a insisté Hannes Swoboda, chef de file des socialistes au Parlement, pour qui il revient à la Suisse de décider si elle veut se rapprocher ou s'éloigner de l'Europe.

M. Cohn-Bendit a invité à "ne pas déresponsabiliser les Suisses". Il a prédit qu'ils "reviendront à genoux parce qu'ils ont besoin de l'Europe", car "60% des exportations suisses vont dans l'UE". "C'est à la Suisse de trouver des solutions, c'est la Suisse qui devra mettre ses montres à l'heure", a-t-il dit.

Le libéral irlandais Pat Gallagher a pour sa part pressé l'Europe de "ne pas faire de représailles ou quelque chose qui pourrait être perçu de cette manière" par la Suisse, soulignant que "80.000 emplois européens sont en jeu".

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