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Des associations malawites lancent des protestations anti-gouvernement

26/02/2014 02:53 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Des associations de défense des droits de l'Homme malawites vont organiser des veillée de protestation contre le gouvernement à partir de jeudi, pour demander des sanctions rapides après la révélation du détournement de 30 millions de dollars de fonds publics.

"Ces veillées sont le début d'une série d'actes de désobéissance civile qui se dérouleront dans tout le Malawi", a déclaré Lucky Mbewe, le porte-parole de la Grande coalition pour la défense de la démocratie et de la Constitution, qui représente plus de 200 associations locales et internationales.

Les premières veillées se tiendront jeudi dans la capitale économique du pays, Blantyre.

"Nous demandons que le parlement se réunisse au cours des deux prochaines semaines afin de délibérer des premiers résultats de l'audit" sur les détournements de fonds publics, a précisé M. Mbewe.

Les organisateurs demandent une divulgation des noms de "tous les suspects", par souci de "transparence et de responsabilité".

"Tout ce que nous voulons, c'est un gouvernement qui rend des comptes à son peuple", a ajouté Lucky Mbewe.

Un audit du cabinet britannique Baker Tilly avait révélé lundi que 30 millions de dollars (22 millions d'euros) se sont évaporés entre le 1er avril et le 30 septembre 2013, durant la seconde année de mandat de Joyce Banda.

Cette somme équivaut à plus d'un pour cent de l'économie dans ce pays, un des plus pauvres du monde.

Quelque 6,1 milliards de kwachas (15 millions de dollars) se sont évaporés en six mois directement à cause de malversations, avait précisé lundi le ministre des Finances Maxwell Mkwezalamba, d'après les premiers résultats de l'audit lancé mi-janvier.

"Le reste de l'argent a disparu en virements non étayés, mauvais approvisionnement et surfacturations", avait ajouté cet ancien économiste de la Banque mondiale, nommé en octobre après le limogeage de son prédécesseur.

"Comme l'investigation se poursuit, ces chiffres sont susceptibles d'augmenter car plusieurs dossiers sont examinés", précise le rapport d'audit, consulté par l'AFP.

Le scandale avait éclaté en octobre 2013, entraînant la suspension de 150 millions de dollars d'aide extérieure.

Des ténors du parti de la présidente Joyce Banda sont soupçonnés. Mais le gouvernement, dont quatre ministres ont déjà été remerciés - et l'un d'eux arrêté dans une enquête pour tentative d'assassinat d'un haut fonctionnaire anti-corrpution - blâme le système de paiement mis en place par la précédente administration.

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