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Chypre: les employés des ports en grève contre les privatisations

26/02/2014 09:23 EST | Actualisé 28/04/2014 05:12 EDT

Les syndicats ont appelé à une grève de 24 heures jeudi dans les principaux ports de Chypre, pour protester contre leur privatisation, au moment où la contestation s'amplifie face aux mesures d'austérité exigées en pleine tourmente économique.

Outre les 24 heures de grève prévues dans les ports de Limassol et Larnaca, les syndicats ont également décidé mercredi d'appliquer à la lettre leur contrat pour travailler le minimum possible pendant le week-end, ce qui risque d'augmenter encore les perturbations dans ces deux infrastructures essentielles pour l'île méditerranéenne.

Les employés de la compagnie d'électricité publique étaient également en grève mercredi, entraînant des coupures de courant, ainsi que l'autorité des télécoms, qui a fermé lundi pour trois jours.

Ces grèves sont les premières du genre depuis que Chypre, au bord de la faillite, a dû accepter au printemps 2013 un plan de sauvetage international assorti de conditions draconiennes, notamment une réduction drastique de son important secteur bancaire.

Les employés des différentes compagnies publiques sont appelés à manifester jeudi devant le Parlement, où doivent être débattues les projets de loi encadrant les privatisations exigées par les bailleurs de fonds internationaux.

Lundi, des heurts avaient éclaté devant le Parlement chypriote à Nicosie quand des centaines d'employés de la compagnie publique d'électricité qui manifestaient contre la privatisation des télécoms, de l'électricité et des ports avaient tenté d'entrer de force dans le bâtiment.

La mobilisation des syndicats a été critiquée par les employeurs, selon qui ils risquent de porter un coup fatal à une économie déjà très affaiblie.

Chypre a accepté une feuille de route sur deux ans pour privatiser les principaux services publics, qui lui fixe comme objectif de lever 1,4 milliards d'euros.

Mais certains craignent que le gouvernement brade ces compagnies, et que la privatisation s'avère porter préjudice aux consommateurs comme aux salariés.

La compagnie de télécoms publique Cyta et les ports devraient être privatisés en premier, suivis par l'Autorité de l'électricité.

Nicosie doit légiférer sur les privatisations avant de pouvoir recevoir les 236 millions d'euros attendus en avril lors du prochain versement de la troïka des bailleurs de fonds internationaux: Banque centrale européenne, commission européenne, Fonds monétaire international.

En contrepartie d'un prêt de 10 milliards d'euros, Chypre a également dû accepter de liquider sa deuxième plus grosse banque, Laïki, et ponctionner largement les comptes au-delà de 100.000 euros dans la première, Bank of Cyprus.

Les compagnies publiques doivent encore être restructurées afin d'attirer des investisseurs étrangers, et aucune vente n'est donc prévue avant 2016.

Selon la Commission européenne, Chypre, dont l'économie devrait se contracter de 4,8% cette année, devrait sortir de la récession en 2015, avec 0,9% de croissance.

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