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Turquie/écoutes: l'opposition réclame la démission d'Erdogan

25/02/2014 02:56 EST | Actualisé 26/04/2014 05:12 EDT

L'opposition turque a appelé le Premier ministre, Recep Tayyip Erdogan, à quitter le pouvoir après la révélation lundi soir d'un enregistrement, dénoncé comme un "montage" par le pouvoir, le mettant en cause dans un vaste scandale de corruption.

"Le gouvernement doit immédiatement démissionner, il a perdu toute légitimité", a lancé Haluk Koç, un vice-président de la principale force d'opposition, le Parti républicain du peuple (CHP), à l'issue d'une réunion urgente dans la nuit de lundi à mardi.

"Le Premier ministre n'a pas un moment à perdre pour démissionner", a insisté M. Koç.

Ce responsable de l'opposition réagissait à la diffusion sur Youtube d'un enregistrement présenté comme des conversations entre M. Erdogan et son fils aîné Bilal, dans laquelle les deux hommes évoquent les moyens de faire disparaître une forte somme d'argent après la révélation du scandale de corruption qui éclabousse son gouvernement depuis le 17 décembre dernier.

Dans cet enregistrement dont l'authenticité n'a pas été confirmée de source indépendante, M. Erdogan demande à son fils de réunir d'autres membres de la famille pour faire disparaître immédiatement plusieurs millions d'euros et de dollars dissimulés aux domiciles de proches.

Dès lundi soir, le cabinet de M. Erdogan a vigoureusement réagi à ces accusations en dénonçant dans un communiqué le "produit immoral d'un montage (...) complètement faux" et en menaçant de poursuivre ses auteurs devant la justice.

Cet enregistrement a agité toute la nuit les réseaux sociaux, quelques heures après les révélations de deux journaux proches du régime islamo-conservateur accusant des magistrats proches de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen d'avoir mis sur écoute des milliers de personnes, dont M. Erdogan.

Depuis la mi-décembre, le Premier ministre accuse l'organisation de M. Gülen d'instrumentaliser les enquêtes anticorruption en cours dans le cadre d'un complot visant à la déstabiliser avant les élections municipales de mars et présidentielle d'août.

BA/pa/jh

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