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Querelle diplomatique: Paris tente de "dissiper les malentendus" avec Rabat

25/02/2014 06:40 EST | Actualisé 27/04/2014 05:12 EDT

Confronté à une crise diplomatique avec son allié marocain, après des plaintes déposées en France contre un haut responsable marocain, François Hollande a pris l'initiative d'appeler le roi du Maroc pour l'assurer de "l'amitié constante" de la France.

L'entretien téléphonique entre le président français et le roi Mohammed VI était destiné à "dissiper les malentendus", a expliqué mardi la présidence française. Il avait été annoncé dès lundi soir par le Palais royal.

François Hollande a téléphoné "pour dissiper tous les malentendus et assurer le roi Mohammed VI de l'amitié constante entre la France et le Maroc", a-t-on souligné à l'Elysée. M. Hollande a affirmé également sa volonté de "renforcer le partenariat entre les deux pays. L'échange s'est déroulé dans une tonalité de confiance et de détermination à réaffirmer l'amitié entre la France et le Maroc", a-t-on assuré de même source.

Le Palais royal avait auparavant indiqué que les deux chefs d'Etat avaient "convenu de poursuivre les contacts durant les prochains jours au niveau des deux gouvernements, et d'oeuvrer dans l'esprit des relations d'exception qui lient le Maroc et la France".

Le Maroc ne décolère pas depuis l'annonce jeudi du dépôt, par une ONG, de deux plaintes pour "complicité de torture" contre le patron de son contre-espionnage, Abdellatif Hammouchi.

Le Royaume est en particulier furieux de la descente effectuée ce jour-là par sept policiers à la résidence de son ambassadeur pour notifier à M. Hammouchi - en visite à Paris avec le ministre marocain de l'Intérieur - une convocation émanant d'un juge d'instruction. Il reproche notamment aux autorités françaises d'avoir ignoré les canaux diplomatiques.

Le Quai d'Orsay avait déjà tenté samedi d'apaiser la tension, évoquant un "incident regrettable" et promettant que "la lumière" serait faite.

Mais le Maroc a signifié qu'il jugeait cette démarche insuffisante et décidé unilatéralement du "report" d'une visite de Nicolas Hulot, "envoyé spécial du président français pour la planète", prévue lundi et mardi.

Entre-temps, une autre polémique est venue alourdir l'atmosphère: dimanche soir, les autorités marocaines ont vivement dénoncé des propos prêtés à un ambassadeur français en poste outre-Atlantique par l'acteur espagnol Javier Bardem, producteur d'un documentaire sur le Sahara occidental et bête noire de Rabat.

Le Maroc est une "maîtresse avec laquelle on dort toutes les nuits, dont on n'est pas particulièrement amoureux mais qu'on doit défendre", aurait affirmé en 2011 ce diplomate, selon M. Bardem, identifié par le journal Le Monde comme étant l'ambassadeur français auprès des Nations unies, Gérard Araud.

Paris est un soutien traditionnel du Royaume sur le dossier du Sahara, une ex-colonie espagnole contrôlée par Rabat mais revendiquée par des indépendantistes.

Lundi matin, le Quai d'Orsay avait reçu l'ambassadeur marocain en France, Chakib Benmoussa, pour à nouveau tenter de désamorcer la crise. Mais le Royaume a fustigé des propos "scandaleux et inadmissibles".

- Diplomatie et justice -

Les deux plaintes, "pour complicité de torture", à l'origine de cette crise émanent de l'ONG Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat). Le Maroc avait immédiatement rejeté les accusations et convoqué l'ambassadeur de France à Rabat.

Lundi, l'Acat a vivement critiqué les promesses du Quai d'Orsay face au courroux marocain, estimant que "dans une démocratie" la diplomatie n'a "absolument pas le droit de s'immiscer dans le fonctionnement du pouvoir judiciaire".

L'une des deux plaintes a été déposée au nom d'un militant pour l'autodétermination du Sahara occidental, Ennaâma Asfari, condamné en 2013 à 30 ans de prison et qui dit avoir signé des aveux sous la torture.

Dimanche, le dépôt d'une troisième plainte, pour "torture", a en outre été annoncée en France contre le patron du contre-espionnage marocain, par l'avocat d'un ancien sportif, Zakaria Moumni, condamné et détenu pendant 17 mois au Maroc entre 2010 et 2012.

La plainte en France se base sur le principe de "compétence universelle" applicable à la convention internationale contre la torture, à partir du moment où la personne visée se trouve en France.

Les autorités marocaines n'ont pas officiellement réagi à ce dernier cas.

La relation entre la France et le Maroc est étroite et d'ordinaire bien cadrée, et Rabat ne semble guère avoir d'intérêt à une brouille longue avec Paris, son premier partenaire commercial. En 2012, le volume des échanges a atteint huit milliards d'euros.

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